La vague parfaite arrive-t-elle ?

Le sujet de l’externalisation des paiements me fait actuellement penser à une compétition de surf où les participants pagaient longtemps en vain, à la recherche de la bonne vague. Le calme de la mer est d’une part dû au fait que de nombreuses institutions financières considèrent les paiements comme leur activité principale et hésitent à externaliser le centre de leurs propres activités commerciales. D’autre part, l’offre de services a été limitée jusqu’à présent donc ce n’est pas étonnant non plus. L’externalisation des processus d’affaires (Business process Outsourcing – BPO) complète des paiements n’est actuellement offerte que par Equens Worldline. Le Betriebscenter für Banken (BCB), une filiale de la Deutschen Bank, est en train de se retirer du marché.

La régularisation impose des changements

Toutefois, aujourd’hui le surf – c’est-à-dire le marché – est en train de se développer. Tout d’abord, la pression pour le changement augmente considérablement à cause de la réglementation et des exigences techniques. Les prestataires de services financiers doivent constamment faire face à de nouvelles exigences de la part des autorités de régulation. La mise en œuvre de ces exigences impose aux services informatiques une réactivité permanente, d’autant que les tâches ne sont pas simples. La plupart des nouvelles réglementations impliquent le même effort sur le plan informatique que ceux requis, par exemple, pour implémenter un nouveau standard SEPA. L’activité principale en souffre, d’autant que la disponibilité des experts informatique n’est pas illimitée et que l’augmentation du personnel n’est possible que de manière limitée.

Les exigences techniques dépassent les capacités des systèmes actuels

La pénurie de personnel sur le marché joue également un rôle indirect dans la deuxième cause de la nécessité de changement : la pression technique. Les exigences en matière d’informatique bancaire ont fondamentalement changé. Ce qui est désormais demandé est un service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et surtout la capacité en temps réel. Ce phénomène de l’« instantané » permettant d’exécuter et de suivre des paiements immédiatement représente d’énormes défis pour l’infrastructure informatique des institutions financières. En fonction des systèmes hérités qui fonctionnent encore et auprès de quels monopoles de tête les connaissances pertinentes sont disponibles, une solution d’externalisation technique peut devenir de plus en plus intéressante d’un point de vue économique – et il existe également d’autres tendances en faveur de l’externalisation.

Les avancées technologiques renforcent l’offre

Le côté de l’offre fait également des vagues sur le marché. Les solutions de plateforme en particulier, mais aussi les technologies de connectivité, ont fait de tels progrès ces dernières années qu’un certain nombre de fournisseurs entrent sur le marché de l’externalisation des paiements. En règle générale, il s’agit de prestataires de services spécialisés, par exemple des fournisseurs de logiciels comme PPI pour une externalisation technique ou des prestataires de services financiers comme Broadridge pour un BPO complet. Ces derniers, par exemple, s’appuient sur leur expérience dans le domaine des valeurs mobilières. 

Les autorités de régulation découvrent les prestataires de services

L’expérience et le savoir-faire sont importants, car les autorités de surveillance resserrent les rênes également pour les prestataires externes de services de paiement des institutions financières. En raison des réglementations nationales et européennes en vigueur ou en cours de planification, les institutions financières sont obligées d’élargir le cercle des prestataires de services à surveiller très attentivement à l’avenir et de vérifier dans quelle mesure le partenaire peut effectivement garantir ses services. Cela va jusqu’aux règles directes pour la conception des contrats. Les fournisseurs de solutions d’externalisation pourraient également recevoir prochainement la visite des autorités. Ces derniers pourraient vouloir vérifier à l’avenir dans quelle mesure les entreprises respectent également les règlementations applicables aux institutions financières et si elles sont capables de remplir leurs garanties de fiabilité.

Qui prendra la vague ?

Comme on peut l’entendre, les premières institutions financières ont déjà profité du déferlement plus fort pour surfer vers l’externalisation. Pour rester dans la métaphore, les autres ont au moins déjà un pied sur la planche. Bien que de nombreux grands acteurs du secteur aient tendance à renoncer à la vague d’externalisation et que de nombreux acteurs publics ou coopératifs soient déjà montés sur les planches avec leurs centres de données associatifs, l’appel de la vague d’externalisation est de plus en plus fort. Qui y répondra ?

Hubertus von Poser