Demande de paiement – une révolution sans révolutionnaires ?

Il pourrait y avoir une ambiance de fête sur le marché européen des paiements – après tout, la première réglementation concrète pour une demande de paiement électronique paneuropéenne est entrée en vigueur le 15 juin 2021. Le SEPA Request to Pay (SRTP) Scheme Rulebook définit les paramètres pour toutes les institutions financières participantes. Une fois ce système mise en place, les entreprises envoient simplement à leurs clients un enregistrement numérique contenant les détails de la demande de paiement. Les débiteurs peuvent en transférer les informations contenues, telles que l’IBAN, le montant ou le motif de paiement d’un simple clic dans leur système bancaire, et il suffit ensuite d’autoriser la transaction. 

Peu de réactions

Les experts considèrent la demande de paiement (RTP) comme une révolution potentielle du marché européen des paiements. Cependant, les participants à cette révolution font encore défaut. Les efforts visant à lancer des produits basés sur la RTP sont à peine visibles. La question est de savoir la raison de cette réticence. Les institutions financières craignent-elles un manque de demande ? La mise en œuvre est-elle trop compliquée ou trop coûteuse ? Et comment aider les institutions financières qui souhaitent lancer des produits SRTP ?

Il existe suffisamment de parties intéressées

La demande des personnes auxquelles le système s’adresse, c’est-à-dire les clients privés et les entreprises clientes des institutions financières, existe au moins du côté des entreprises. C’est ce que montre clairement une enquête menée par l’Association bancaire pour l’euro (EBA) en collaboration avec PPI. Quel que soit le scénario d’application potentiel sur lequel les entreprises européennes ont été interrogées, la volonté d’utiliser la RTP dans leur propre entreprise était en général nettement supérieure à 80 %, voire à 90 % dans certains cas.

Effort gérable

Bien entendu, une nouvelle norme en matière des paiements demande de l’effort et ne peut pas être mise en œuvre du jour au lendemain. Si un projet correspondant est abordé en appliquant la méthode cascade classique, il faut prévoir une durée de 18 à 24 mois. Toutefois, des moyens modernes tels que le développement agile permettent de réduire cette période. Dans ce contexte, il est essentiel d’avoir une vision stratégique claire des fonctionnalités qu’un produit RTP devrait avoir. En outre, un tel progiciel doit également s’inscrire dans la planification commerciale à long terme de l’institution financière. Les coûts réels dépendent des circonstances spécifiques. Mais ils devraient être comparables à ceux d’une introduction de paiements instantanés. Les institutions qui ont déjà mis en place ce service ont un avantage, car certaines étapes importantes pour RTP ont déjà été réalisées. Elles auront alors simplement besoin d’investir environ 30 à 40 % des coûts susmentionnés.
Dans tous les cas, l’investissement devrait être amorti assez rapidement. Après tout, les produits et les services liés à la demande de paiement renforcent la fidélisation des clients et peuvent aider les institutions à regagner des parts du marché. D’autant qu’aucun acteur majeur n’a encore annoncé son intention d’entrer sur le marché de la RTP. 

Mise en place des premiers projets rapidement

Les prestataires de services financiers devraient absolument en tirer parti. Les produits minimums viables (MVP) sont adaptés à une entrée rapide sur le marché. Une alternative est de coopérer avec un ou plusieurs clients commerciaux. Ce sont surtout les entreprises qui devraient être très intéressées par la RTP, car l’utilisation du standard permet d’économiser des coûts considérables quant au processus de facturation.

Tôt ou tard, une gamme entière de produits émergera autour de RTP. C’est prévisible ! Les institutions qui entrent sur ce nouveau marché à un stade précoce peuvent attendre ce développement avec joie. Nous sommes heureux de soutenir les fournisseurs de services financiers lors de la mise en œuvre. Nous avons résumé les bases dans notre livre blanc intitulé « Comment la demande de paiement devient une histoire de succès pour les prestataires de services financiers », qui peut être téléchargé gratuitement ici.

Auteurs : Eric Waller, Anuschka Clasen

Numériser le cycle de vie des comptes ? Facile avec eBAM et EBICS !

B07? B13? Même si ces valeurs ressemblent à des portes d’aéroport pour le prochain vol, ce n’est pas ce que cela signifie ici.

Vous avez peut-être déjà vu ces désignations dans les modifications prévues pour le tableau de mise en correspondance des BTF aux types d’ordre du DK (Deutsche Kreditwirtschaft). Elles désignent deux des nouvelles opérations métier lancées en 2021 dans le domaine de la gestion électronique des comptes bancaires « electronic Bank Account Management » (eBAM). Dans un des derniers articles, nous avons déjà abordé le sujet eBAM en général et recommandé une utilisation standardisée dans le cadre de l’accord EDI.

eBAM fournit des messages pour l’ouverture, la maintenance et la fermeture des comptes et pour le système de rapport des comptes. L’accent est mis sur une relation client existante. Dans le cas contraire, d’autres défis devraient être relevés.

eBAM offre un potentiel concret pour la gestion des comptes dans l’environnement des entreprises clientes. Les activités manuelles, les ruptures de médias et une approche basée souvent sur le papier y prédominent actuellement. Les ouvertures de compte ou les modifications d’une procuration demandent beaucoup d’efforts de la part du client et de l’institution financière et prennent des jours voire des semaines pour être finalisées. Sans parler de l’absence de normes entre les différentes institutions financières.


 


Electronic Bank Account Management permet de numériser la gestion des comptes. Comme le montre la figure, les processus basés sur papier et les ruptures des médias sont remplacés par des formats normalisés XML ISO 20022 (acmt.*), qui sont échangés via un canal électronique entre l’entreprise cliente et l’institution financière. La condition préalable est que les données bancaires et les données de base du compte, les procurations et autres documents soient gérés dans les systèmes appropriés de l’entreprise cliente. Les annexes de documents et les signatures numériques sont également prises en charge, car elles peuvent être requises dans certains cas.

Un nouveau canal n’est pas nécessaire, puisque les messages eBAM peuvent également être transmis via EBICS. En outre, ils sont déjà autorisés dans le canal EBICS. Ces opérations sont bien connues et établies par les transactions financières, telles que le transfert de virements et les rapports de statut. Une transmission via d’autres canaux est également envisageable.

Au sein de l’institution, les processus d’édition nécessaires peuvent être exécutés plus rapidement et plus efficacement grâce à un soutien automatisé. 

Quelques institutions financières sur le marché proposent des offres eBAM, mais celles-ci sont parfois limitées à des cas d’utilisation ou des canaux individuels. Cependant, il existe un intérêt clairement visible des entreprises clientes, comme par les départements de trésorerie des grandes entreprises, pour ce type de gestion de compte numérique. Elles souhaitent avoir notamment une meilleure vue d’ensemble et une réduction du temps de traitement, tout en assurant une gestion pratique de leurs comptes.

Dans le même temps, les institutions financières bénéficient également d’avantages importants. La complexité de l’informatique et des processus peut être diminuée, de même que les coûts des processus peuvent être réduits. 

eBAM possède différents points de contact dans le domaine métier et l’informatique, de sorte que les questions doivent être examinées de manière globale lors de la conception et de la mise en œuvre. Cela s’applique également à des sujets connexes tels que KYC (Know Your Customer), les signatures électroniques, la réglementation ou la gestion de processus.

Pour la mise en œuvre de l’eBAM dans les systèmes informatiques, il convient de déterminer les tâches à accomplir dans le serveur bancaire et celles à exécuter dans les systèmes en aval. Que faut-il prendre en compte en raison des nouveaux formats et de leurs versions actuelles et futures ? Comment la validation des messages et la génération des réponses peuvent-elles être effectuées ? Comment les messages eBAM sont-ils traités et transférés dans les systèmes de données de base ?

À cet effet, PPI peut proposer aux institutions financières des fonctionnalités appropriées basées sur la gamme de produits TRAVIC afin de faciliter l’introduction d’une offre eBAM. Cela inclut la réception de messages par le serveur bancaire EBICS TRAVIC-Corporate, ainsi que le traitement centralisé dans un composant eBAM spécifique à l’interface entre TRAVIC-Corporate et les systèmes en aval. Cependant, la gestion de compte basée sur le web dans le portail des entreprises clientes TRAVIC-Port offre également le potentiel de votre propre offre eBAM. Et par la notification en temps réel, TRAVIC-Push-Server pourrait être immédiatement informé des événements importants.

Grâce à l’expertise technique et métier d’une seule source, PPI peut, si nécessaire, fournir un soutien global pour la mise en œuvre de l’eBAM.

Je suis convaincu que l’importance de l’eBAM ne cesse de croître. Les institutions qui agissent à un stade précoce seront en mesure de s’assurer à temps des avantages sur le marché grâce à des offres innovantes.

Qu’en pensez-vous ?

Auteur : Dr.-Ing. Thomas Stuht

Notre argent doit devenir plus numérique

 

Imaginez le scénario suivant : une entreprise est à court d’un certain type de matériel , très spécifique qui n’est disponible que chez un fournisseur à l’étranger. Le réapprovisionnement du matériel doit se faire dans les 24 heures au plus tard, sinon la production est arrêtée. Ce problème est détecté par le système informatique. Il commande alors de nouveaux matériaux de manière totalement autonome auprès du système du fournisseur, lequel expédie les matériaux , également de manière totalement automatique. Déclaration en douane, organisation du transport – tout fonctionne sans intervention humaine. À la douane, un ordinateur scanne les matériaux, conclut, sur la base de paramètres prédéfinis, que tout est en ordre et demande au système informatique envoyant la commande des droits de douane. Le système paierait immédiatement, mais il ne peut pas, tout au moins pour le moment. En effet, une personne doit autoriser le paiement et, normalement, il faut attendre au moins un jour ouvrable pour que la douane enregistre la réception du transfert.

Cet exemple illustre les limites de notre système de paiement actuel : des durées de traitement relativement longues, des procédures d’autorisation compliquées et un manque de fonctionnalités de livraison-paiement. Si cette situation était peut-être encore acceptable par le passé, elle pose de sérieux problèmes pour l’avenir. Car l’avenir appartient – entre autres – à l’Internet des Objets (IdO), communément appelé en anglais Internet of Things (IoT). Dès 2025, on estime que 75 milliards d’appareils seront interconnectés.  Le potentiel des nouveaux modèles commerciaux est énorme, qu’il s’agisse du dédouanement automatique sans intervention humaine, des frais de location de machines agricoles facturés en fonction de la charge utile réellement conduite ou de la commande automatique d’un réfrigérateur.

Cependant un grand nombre de ces modèles commerciaux ne pourra guère être réalisé, si les limites actuelles des systèmes de paiement persistent. Les monnaies numériques peuvent constituer la base de l’automatisation et permettre de surmonter ces limites. La Banque centrale européenne (BCE) discute l’introduction d’un euro numérique public, c’est-à-dire une forme numérique de la monnaie de la Banque centrale, destinée à favoriser l’inclusion financière et permettant aux citoyens de disposer d’un moyen de paiement numérique et sécurisé. Toutefois, même si cela devait être décidé en 2021, une telle monnaie ne sera guère une réalité avant 2026, selon le directeur de la BCE, Fabio Panetta , d’autant qu’il n’est pas certain que l’euro numérique ait les caractéristiques nécessaires aux modèles commerciaux de l’IoT. Compte tenu de la croissance de l’IoT, cette monnaie arrivera trop tard et sera trop incertaine.

La solution à ce dilemme réside dans les initiatives privées. Il est déjà possible aujourd’hui de connecter le système SEPA à une application basée sur la technologie DLT (Distributed Ledger Technology) via une solution de pont technique. Cette méthode peut être utilisée, par exemple, pour mettre en œuvre des solutions « pay per use » : le système SEPA déclenche des paiements et les paiements programmables peuvent être cartographiés sur un DLT. Cette solution de déclenchement ne supprime cependant pas les limites de SEPA. En effet, l’autorisation humaine est toujours nécessaire. La machine ou le dispositif IoT ne peut pas régler de manière autonome. Cette discontinuité des systèmes lors du traitement des paiements peut être évitée si un moyen de paiement numérique est émis et traité directement sur une DLT, plutôt que par le biais de paiements conventionnels.
La monnaie numérique basée sur DLT ne doit pas nécessairement être émise par une Banque centrale. Les banques ou les institutions financières peuvent également créer des solutions pour les paiements dits programmables. Les stablecoins basés sur l’euro – des jetons numériques adossés à une valeur monétaire donnée – en sont un exemple. Cependant, il n’existe actuellement aucune base réglementaire pour des euro stablecoins qui présentent un risque élevé de contrepartie. Néanmoins, le projet de directive européenne « Markets in Crypto-Assets » (MiCA) devrait changer cette situation et les stablecoins pourraient être transformés en monnaie électronique tokenisée. Une alternative est la monnaie scripturale tokenisée, que les institutions financières pourraient émettre. Contrairement aux stablecoins, elle aurait l’avantage de ne pas avoir une couverture à 100 %. Toutefois, en vertu des règles actuelles, une telle monnaie ne serait pas non plus multibancaire, ce qui entraîne des restrictions très importantes.

Finalement, la monnaie numérique deviendra réalité, quelle que soit la forme qu’elle prendra. C’est l’unique façon pour que l’industrie allemande puisse pleinement profiter du potentiel de l’IoT. Les automatisations plus sophistiquées dans le domaine de la logistique des marchandises ou les modèles de plus en plus courants de type « asset as a service » sont difficiles à imaginer à long terme sans paiements entièrement autonomes en temps réel. Vous trouverez des informations sur les cas d’application et plus de détails sur la conception des monnaies numériques dans le livre blanc commun intitulé « The future of payments: programmable payments in the IoT sector », que nous avons rédigé chez PPI avec nos partenaires Partnern Cash on Ledger, Digital Euro Association et Frankfurt School Blockchain Center. Cliquez ici pour télécharger gratuitement la version anglaise.


Auteurs : Anja Kamping, Philipp Schröder

Clé EBICS : quelle est la durée de la clé du succès ?

Le 21 avril 2021, un atelier de fabricants EBICS a été organisé par la Deutschen Kreditwirtschaft (DK). Les principaux ajustements apportés à EBICS inclus dans la version 3.0.1 ont été présentés. Pour moi, les adaptations cryptographiques présentées en même temps sont beaucoup plus intéressantes. Elles deviennent obligatoires pour les systèmes clients EBICS à partir de 2021. EBICS utilise 3 paires de clés RSA dans la communication : une paire pour les signatures bancaires, une paire pour l’authentification du fragment EBICS et une paire pour le chiffrement/déchiffrement des messages.

Pour EBICS V2.5, cette adaptation signifie que les signatures bancaires (clés A) doivent posséder au moins une profondeur de clé de 2 048 bits. Pour l’authentification (clé X) et le chiffrement (clé E) un compromis d’au moins 1 984 bits a été décidé, probablement du fait que les cartes à puce Seccos avec des clés de cette longueur existent sur le marché. La clé DS de ces cartes Seccos possède une longueur de clé de 2 048 bits et se trouve dans la zone spéciale de la puce de carte protégée par un PIN alternatif. 

En outre, il a été à nouveau confirmé à tous les participants qu’avec l’utilisation d’EBICS 3.0.1, toutes les clés utilisées pour l’authentification (X00x), le chiffrement (E00x) et la signature bancaire (A00x) ne peuvent plus être plus courtes que 2 048 bits.

Cela signifie pour les fabricants de produits clients qu’un processus de prolongation des clés doit être lancé prochainement, afin que tous les clients puissent facilement migrer vers la nouvelle version EBICS 3.0.1 dès novembre. Si cela n’est pas effectué, la migration vers EBICS 3.0.1 avec les clés existantes – mais trop courtes – ne sera pas possible.

Les produits clients qui n’offrent pas de changement de clé seront du retard. En effet, leurs utilisateurs doivent alors générer de nouvelles clés plus longues dans le cadre d’un processus complexe, puis faire réinitialiser leur accès à l’institution financière et ensuite procéder à une nouvelle remise des clés, y compris la remise d’une lettre INI auprès de leur institution financière. Ensuite, il faut attendre que l’accès EBICS soit à nouveau activé.

Les produits clients EBICS qui offrent à leurs clients un changement de clé doivent relever le défi que seuls les certificats X509 peuvent être utilisés dans la communication EBICS avec EBICS 3.0.1. De nouveaux processus internes sont utilisés dans les produits clients. La mise en œuvre doit donc être bien planifiée et, ne sera généralement pas facile. Cependant, TRAVIC-EBICS-Kernel de PPI AG y contribue, car le progiciel fournit les fonctions nécessaires à un changement facile. Il est recommandé de migrer également de l’ancien format de clé (RDH2) au format PKCS#12 (fichier p12) pour les fichiers clés.

Les cartes à puce représentent également un défi, car elles ne possèdent souvent pas les longueurs de clé nécessaires et doivent être remplacées – si cela est possible. 

Conclusion :
Il est temps de contacter les utilisateurs EBICS utilisant des clés courtes pour mettre à jour les clés avant la migration vers EBICS 3.0.1 ou avant novembre 2021, pour générer leurs nouvelles clés et, dans l’idéal, pour les remettre signées à leurs institutions financières avec les anciennes clés. Les utilisateurs qui ne veulent pas communiquer les exigences de clés applicables à partir de novembre 2021 risquent de faire face à un dysfonctionnement catastrophique de leurs accès EBICS.

Auteur : Michael Schunk

La vague parfaite arrive-t-elle ?

Le sujet de l’externalisation des paiements me fait actuellement penser à une compétition de surf où les participants pagaient longtemps en vain, à la recherche de la bonne vague. Le calme de la mer est d’une part dû au fait que de nombreuses institutions financières considèrent les paiements comme leur activité principale et hésitent à externaliser le centre de leurs propres activités commerciales. D’autre part, l’offre de services a été limitée jusqu’à présent donc ce n’est pas étonnant non plus. L’externalisation des processus d’affaires (Business process Outsourcing – BPO) complète des paiements n’est actuellement offerte que par Equens Worldline. Le Betriebscenter für Banken (BCB), une filiale de la Deutschen Bank, est en train de se retirer du marché.

La régularisation impose des changements

Toutefois, aujourd’hui le surf – c’est-à-dire le marché – est en train de se développer. Tout d’abord, la pression pour le changement augmente considérablement à cause de la réglementation et des exigences techniques. Les prestataires de services financiers doivent constamment faire face à de nouvelles exigences de la part des autorités de régulation. La mise en œuvre de ces exigences impose aux services informatiques une réactivité permanente, d’autant que les tâches ne sont pas simples. La plupart des nouvelles réglementations impliquent le même effort sur le plan informatique que ceux requis, par exemple, pour implémenter un nouveau standard SEPA. L’activité principale en souffre, d’autant que la disponibilité des experts informatique n’est pas illimitée et que l’augmentation du personnel n’est possible que de manière limitée.

Les exigences techniques dépassent les capacités des systèmes actuels

La pénurie de personnel sur le marché joue également un rôle indirect dans la deuxième cause de la nécessité de changement : la pression technique. Les exigences en matière d’informatique bancaire ont fondamentalement changé. Ce qui est désormais demandé est un service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et surtout la capacité en temps réel. Ce phénomène de l’« instantané » permettant d’exécuter et de suivre des paiements immédiatement représente d’énormes défis pour l’infrastructure informatique des institutions financières. En fonction des systèmes hérités qui fonctionnent encore et auprès de quels monopoles de tête les connaissances pertinentes sont disponibles, une solution d’externalisation technique peut devenir de plus en plus intéressante d’un point de vue économique – et il existe également d’autres tendances en faveur de l’externalisation.

Les avancées technologiques renforcent l’offre

Le côté de l’offre fait également des vagues sur le marché. Les solutions de plateforme en particulier, mais aussi les technologies de connectivité, ont fait de tels progrès ces dernières années qu’un certain nombre de fournisseurs entrent sur le marché de l’externalisation des paiements. En règle générale, il s’agit de prestataires de services spécialisés, par exemple des fournisseurs de logiciels comme PPI pour une externalisation technique ou des prestataires de services financiers comme Broadridge pour un BPO complet. Ces derniers, par exemple, s’appuient sur leur expérience dans le domaine des valeurs mobilières. 

Les autorités de régulation découvrent les prestataires de services

L’expérience et le savoir-faire sont importants, car les autorités de surveillance resserrent les rênes également pour les prestataires externes de services de paiement des institutions financières. En raison des réglementations nationales et européennes en vigueur ou en cours de planification, les institutions financières sont obligées d’élargir le cercle des prestataires de services à surveiller très attentivement à l’avenir et de vérifier dans quelle mesure le partenaire peut effectivement garantir ses services. Cela va jusqu’aux règles directes pour la conception des contrats. Les fournisseurs de solutions d’externalisation pourraient également recevoir prochainement la visite des autorités. Ces derniers pourraient vouloir vérifier à l’avenir dans quelle mesure les entreprises respectent également les règlementations applicables aux institutions financières et si elles sont capables de remplir leurs garanties de fiabilité.

Qui prendra la vague ?

Comme on peut l’entendre, les premières institutions financières ont déjà profité du déferlement plus fort pour surfer vers l’externalisation. Pour rester dans la métaphore, les autres ont au moins déjà un pied sur la planche. Bien que de nombreux grands acteurs du secteur aient tendance à renoncer à la vague d’externalisation et que de nombreux acteurs publics ou coopératifs soient déjà montés sur les planches avec leurs centres de données associatifs, l’appel de la vague d’externalisation est de plus en plus fort. Qui y répondra ?

Hubertus von Poser

Paiement par carte : spécificités du marché français

L’écosystème de la monétique en France est constitué d’un univers d’acteurs (Banques, porteurs, commerçants, laboratoires, industriels, éditeurs, processeurs, réseaux cartes, régulateurs), doté d’un système de paiement particulier, reposant sur la technologie EMV (Standard Europay Mastercard Visa). L’accord multilatéral de coopération signé entre les membres permet aux utilisateurs d’accéder à toutes les installations agréées (TPE, DAB…) des membres du système de paiement.

En France, les paiements par cartes bancaires sont transmis aux systèmes d’autorisation via les réseaux cartes CB, Visa ou Mastercard ; compensés par le système CORE (Compensation Retail) de STET (Système technologique d’échange et de traitement), puis réglés par le service de règlement rattaché à la Banque de France / Banque Centrale européenne / Banque de règlement international. Certaines opérations peuvent transiter via le réseau Domestique CB (si le porteur français réalise ses transactions en France), ou via les réseaux internationaux Visa ou Mastercard (pour les paiements internationaux ou pour les cartes bancaires françaises ne possédant pas l’application CB).


En France, on distingue les cartes de débit immédiat des cartes de crédit (débit différé). Certaines cartes sont à autorisation systématique (Online), d’autres sont Offline. Une carte française cobadgée Visa ou Mastercard est acceptée partout dans le monde. Les cartes bancaires étrangères cobadgées Visa ou Mastercard sont également acceptées en France par principe d’interopérabilité ou accord entre les banques. Cependant, avant le 9 juin 2016, lorsqu’un client français payait avec sa carte bancaire CB adossée à Visa ou Mastercard, le Terminal de Paiement Electronic (TPE) sélectionnait automatiquement le réseau domestique (CB). Mais depuis cette date, le porteur a désormais la possibilité de choisir entre CB, Visa et Mastercard (Règlement européen 2015/751).

Des enjeux concernant le paiement par carte bancaire se déclinent à travers plusieurs défis (structurels, organisationnels, technologiques et réglementaires (1) ) qui s’imposent aux acteurs, les obligeants à revoir leurs organisations et chaines d’opérations pour les rendre conformes aux prescriptions européennes. Ces défis ont provoqué un élargissement du champ de la monétique et une émergence de nouvelles formes d’activités bancaires. La carte bancaire permet désormais d’effectuer plusieurs types d’opérations avec un niveau de sécurisation très variable : paiement mobile (NFC / QR Code), de proximité sans contact, biométrique (reconnaissance faciale / empreinte digitale), etc.  

En 2019, on comptait 54 millions de carte de débit et 39,3 millions de cartes de crédit et de paiement émises, dont les cartes CB représentaient 27,5 millions de cartes soit 70 % (France Cards & Payments : Opportunities and Risks to 2024 p. 33 ; 52 ; 60). D’après cette même source, 77 % des cartes en circulation sur le marché français sont cobadgées et 23 % seulement sont des cartes purement réseau international. Les cinq premières banques représentent 86 % de la valeur des transactions en 2019 (France Cards & Payments : Opportunities and Risks to 2024). En 2018, il y avait plus de 1,8 million de terminaux de paiement électronique et presque 55 millions de guichets automatiques bancaires en France (Statista, 2021).

Bien que le paiement par carte reste le moyen de paiement le plus utilisé en France (2)  et continuera à se développer sur les années à venir, avec la DSP2, la règlementation a engendré une révolution technologique et stratégique permettant aux différents acteurs (nouveaux entrants, banques, etc.) de pouvoir s’affranchir désormais des réseaux interbancaires pour proposer des services innovants à moindre coût. De fait, ils s’appuieront sur l’infrastructure internet et non sur des structures privées. Basé sur ces nouveaux modèles opérationnels, ces nouveaux services (paiement mobile en proximité, P2P (Peer-to-peer), etc.) se développent pour servir des nouveaux cas d’usage avec une nouvelle expérience utilisateur (Payments Cards and Mobile, 2021). Ainsi la Demande de paiement (Request-To-Pay) basée sur ISO 20022 vient compléter ces moyens de paiement comme étant un puissant outil de paiement de bout en bout offrant une opportunité de nouveaux services et permettant d’apporter davantage de valeur aux clients.

Le foisonnement multicanal et la dématérialisation croissante des paiements pourraient ouvrir des perspectives sur l’acquisition avec une concurrence accrue côté acquéreur qui se matérialisera sans doute autant par baisse des frais que par un accroissement du service. Tout cela sera intimement lié aux capacités des solutions à opérer ensemble, car l’intérêt du commerçant c’est d’avoir le plus de méthode de paiement possible sur le même appareil au moindre coût, de façon à optimiser sa capacité à proposer à son client sa solution de paiement préférée. 

Auteur: Tite-Voltaire Soupene

 

(1) Authentification forte (Directive DSP2, 2018) ; Paiements cartes (PCI DSS) ; Commissions d’interchange (Règlement UE 2015/751)

(2) En 2019, plus de la moitié des Français, soit 58,6 %, préféraient payer avec une carte bancaire (Statista, 2021)

 


 


Etes-vous prêt pour l’euro numérique ?

La nouvelle monnaie numérique de la Banque centrale pour la zone Euro, plus connue sous le nom d’euro numérique est censée compléter les espèces et être accessible pour tous citoyens et toutes entreprises de la zone Euro. Pour donner suite au premier article de notre blog, consacré à la présentation de la monnaie numérique de la Banque centrale (Central Bank Digital Currency, CBDC), examinons les implications possibles : Quelles sont les exigences relatives au projet « euro numérique? A quoi les institutions financières et prestataires de services financiers doivent-ils faire face, dans le cas où la BCE ferait de ce concept une réalité ?

BCE a déjà formulé des exigences essentielles dans son rapport intitulé « Report on a digital euro ». On peut donc en déduire les premières tendances pour les paiements et les opérations bancaires.

Conforme à la norme : l’émission et le traitement de l’euro numérique doivent être compatibles avec l’infrastructure de paiement existante, c’est-à-dire qu’il doit correspondre aux applications de paiement privées et au système SEPA et TARGET.

Centralisé ou décentralisé - la question qui se pose : si l’émission et le traitement doivent se faire par le biais d’une infrastructure centralisée ou décentralisée (par exemple, via la technologie Distributed Ledger) reste encore à décider.

La sécurité est un impératif : la résilience des systèmes de traitement est une priorité absolue. Les services doivent également être capables de résister aux cyberattaques.

Une large acceptation : la monnaie numérique devrait être disponible dans toute la zone Euro, mais peut également s’étendre au-delà des frontières européennes.

Accès facilités aux moyens de paiement : l’euro numérique vise à favoriser l’inclusion financière et s’adresse également aux citoyens de l’UE qui n’ont pas accès à un compte bancaire.

Un adressage approprié de la clientèle : les intermédiaires, comme les institutions financières, devraient utiliser leur expertise pour permettre à leurs clients d’accéder à l’euro numérique et fournir des services supplémentaires liés à celui-ci.

Respecter les règlements : les aspects de conformité et de règlements doivent être respectés. Cela s’étend de la lutte contre le blanchiment à la Directive sur les services de paiement 2 (DSP2).

Usabilité : que ce soit via une application ou un dispositif supplémentaire, l’euro numérique doit être facile à comprendre et intuitif pour les citoyens. Bien entendu, l’euro numérique doit protéger la vie privée et ne pas entraîner de frais supplémentaires. Le nouveau moyen de paiement pourra être utilisé tant en points de vente que pour les paiements via Internet.

Agenda étendu sans Big Bang

 
Les exigences indiquent qu’il s’agit d’un grand projet commun entre les institutions financières et autres établissements de paiement et la BCE, qui ne peut être mis en place dans un Big Bang, mais plutôt dans un processus à long terme, étape par étape. Néanmoins, une préparation stratégique est essentielle. Un certain nombre de questions reste ouvert. Si la BCE devait opter pour une infrastructure décentralisée, comment pourrait-elle être cartographiée ? Fonctionnera-t-elle via l’infrastructure existante ou des préparatifs techniques sont-ils nécessaires ? Ou faut-il prévoir une infrastructure entièrement nouvelle ? Les institutions financières devraient également analyser si leurs systèmes de paiement ont le niveau de maturité nécessaire pour traiter la monnaie électronique de la Banque centrale. Si ce n'est pas le cas, il faudra procéder à des ajustements. Cela s’applique également aux interfaces utilisateurs permettant aux consommateurs privés et aux entreprises clientes d’obtenir l’euro numérique. En outre, les décideurs devront réfléchir au fonctionnement et à la conception de ces interfaces. Il faut garder à l’esprit l’objectif de la BCE de faciliter l’accès à l’euro numérique autant que possible pour le consommateur final. Les considérations sont également utiles pour la conception du processus de paiement dans le commerce de détail hors ligne et en ligne. Et : comment utiliser l’euro numérique hors ligne ? Enfin, et surtout, il faudra réfléchir à la possibilité de développer de nouveaux modèles commerciaux avec l’euro numérique. Il est certainement avantageux d’être bien préparé lorsque la BCE donnera son feu vert.


Auteur : Anja Kamping

L’heure du changement

Ce qui est différé n’est pas perdu : la transition vers des formats de données conformes à la norme ISO 20022 dans les paiements aura lieu – mais un an plus tard. Elle engendre d’autres changements, notamment pour SWIFT. La plateforme pour la gestion des transactions (Transaction Management Platform ou TMP) prévue dans ce contexte a pour objectif de rendre les flux de paiements internationaux plus transparents et plus rapides. Mais ces systèmes centraux sont-ils suffisamment sécurisés ? Y a-t-il des alternatives ? 

Une plateforme de données centralisée comme objectif de développement

Les systèmes de paiement sont au cœur de l’infrastructure financière. Une défaillance, comme celle de TARGET2 l’année dernière, est grave et, à juste titre, a causé des remous. Le report de la transition vers des formats de données XML conformes à l’ISO 20022 des paiements européens n’est pas lié à cela, mais il offre bien sûr aux institutions financières le temps d’agir. Ces dernières peuvent en avoir besoin, car avec le changement de format, d’autres choses sont également en train de changer. Avec la TMP, SWIFT a annoncé la mise en place d’une plateforme de données centrale pour les paiements internationaux, basée sur XML. 

L’enregistrement centralisé de toutes les données de transaction permet à toutes les parties impliquées dans le processus d’y accéder à tout moment. Pour SWIFT, il s’agit d’un changement de paradigme, qui l’éloigne du simple agent d’informations pour devenir un fournisseur de services logistiques de paiement à part entière. La solution de plateforme présente un certain nombre d’avantages :

  • La réduction des interfaces
  • Aucune perte de données entre les différentes stations
  • Une grande transparence pour toutes les parties concernées
  • Plus grande sécurité de manipulation
  • Plus d’offres de services

Pas d’introduction sans risques

Toutefois, l’introduction de la TMP comporte également quelques risques. Tout d’abord, il y a une possible défaillance du réseau SWIFT. Dans le pire des cas, tous les ordres d’une période donnée ont été perdus avec la TMP centrale. Les inquiétudes des institutions financières concernant le risque de défaillance en un point unique ne peuvent pas être écartées. Quant à la confidentialité des données, il convient de tenir compte du fait que les États-Unis ont déjà exigé des droits d’accès directs aux données du centre de données américain SWIFT. En réponse, SWIFT a construit un site en Suisse, entre autres.

Existe-t-il des alternatives à SWIFT ?

En principe, oui – mais le choix est limité : les candidats potentiels sont des réseaux de paiement sur Internet tels que Ripple. Les premières grandes institutions financières utilisent déjà le système en mode test. Les monnaies numériques des Banques centrales (Central Bank Digital Currencies) ne sont pas encore prêtes pour le marché, mais elles constituent certainement une alternative possible à l'avenir. L’e-Renminbi en Chine est déjà testé dans certaines provinces, et la couronne suédoise électronique a récemment commencé ses opérations de test. La BCE devrait suivre ce mouvement avec l’euro numérique.

Les systèmes transfrontaliers de règlement brut en temps réel (Real Time Gross Settlement, RTGS) méritent également d’être pris en considération. Cependant, ces systèmes n’existent pas si souvent ou, comme le SEPA, sont fixés sur une seule monnaie. Enfin, il existe des schémas de collaborations spécifiques créés comme des alternatives à SWIFT, tels que le Support of Trade Exchange (INSTEX). Ce système européen a été conçu expressément pour le commerce avec l’Iran. La Chine a pris un chemin similaire avec le CIPS. Le Visa B2B Connect fonctionne d’une manière totalement différente, mais en principe il repose également sur la coopération des institutions financières concernées. En Europe, le service est actuellement disponible dans certains pays.

Mais même une solution de SWIFT utilisant l’une des rares alternatives ne dispense pas les institutions financières de l’obligation de passer aux formats de données XML conformes à la norme ISO 20022. Dans le même temps, il est recommandé aux institutions financières d’examiner attentivement et de vérifier les changements provoqués par la TMP dans les paiements internationaux. Un peu de temps a été gagné dans la feuille de route vers la norme ISO 20022 en raison du report de la mise en service, il faut en profiter maintenant !

Auteurs : Sabine Aigner, Thomas Ambühler

Les transactions financières sans interruption – qui ne souhaite pas cela ?

Certains systèmes logiciels sont tellement essentiels qu’ils requièrent les niveaux de disponibilité les plus élevés. Certes, dans le secteur financier, il ne s’agit pas d’une question de vie ou de mort. Mais dans le cas des procédures de paiement en temps réel ou des processus d’autorisation en temps réel, des exigences toujours plus importantes sont définies et surtout les périodes de maintenance ne sont plus acceptées. Et cela à juste titre : si, à cause d’une fenêtre de maintenance, vous recevez votre relevé de compte une heure plus tard, ou si le portail est inaccessible pendant une heure, cela peut être fâcheux, mais sans trop de conséquences. En revanche, si le client d’une banque ne peut plus payer sur le point de vente ou ne peut autoriser un paiement en temps réel, l’indisponibilité est d’une importance sérieuse.

Par conséquent, après le processus d’autorisation des paiements par carte, le transfert en temps réel est également devenu un domaine d’application des systèmes sans interruption avec l’introduction des paiements instantanés en Europe.

Commençons par le concept de continuité de service. Un fonctionnement sans interruption est défini par deux propriétés différentes :

  1. Éviter l’indisponibilité prévue
    En fonctionnement normal, le système est prêt à fonctionner en permanence. Il n’existe donc pas de période de fonctionnement limité, par exemple en fin de journée ou lors d’une réorganisation.
    Le système est conçu pour que les changements de version puissent également être effectués en cours d’exploitation et ne provoquent aucun temps d’arrêt. 
  2. Réduire l’indisponibilité non prévue
    Le système est hautement disponible même en cas d’erreur. La garantie de fonctionnement est donc importante malgré la défaillance de certains composants. Cette probabilité est calculée ou mesurée comme le rapport entre le temps de production et la durée d’exécution, c’est-à-dire le temps incluant le temps d’interruption, par exemple 99,99 %.
    La robustesse des scénarios de surcharge est particulièrement importante dans ce contexte. Bien que chaque système ait ses limites, il y a une différence entre l’effondrement total du système en raison d’un dépassement de la limite de charge et le fait que seule la charge supplémentaire ne peut être traitée conformément aux spécifications.

En règle générale, l’enthousiasme pour le sujet diminue considérablement lorsque l’on considère les coûts. Il convient alors de trouver des solutions architecturales et non seulement déplacer tout sur l’infrastructure. Néanmoins, même le meilleur logiciel ne pourra fonctionner que si l’environnement système est disponible. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’infrastructure hautement disponible, des systèmes d’exploitation, des systèmes de base de données et des agents de messages – tous ces éléments sont les conditions de base pour un système global sans interruption. Je voudrais plutôt me concentrer sur l’architecture logicielle. Cela permettrait de mettre en œuvre les exigences de disponibilité de manière ciblée tout en surveillant les coûts.

La haute disponibilité étant coûteuse, il faut avant tout identifier les processus critiques. Par conséquent, il faut savoir quels sont les processus devant toujours fonctionner et ceux qui peuvent être exécutés ultérieurement. Dans le cas des paiements en temps réel par exemple, les traitements en masse sont moins cruciaux que les paiements individuels.

Au cas où les grands composants relèvent des processus critiques, il convient d’analyser si ceux-ci peuvent être contournés. Un composant alternatif peut-il remplacer les tâches critiques d’un grand composant qui n’est pas hautement disponible pendant la période de défaillance ? Dans les transferts de paiements, le système de réservation peut être un très grand système qui n’est pas hautement disponible et la vérification de solde en ligne peut être le processus critique qui doit être contourné.

Bien entendu, dans l’ensemble, les transactions financières ne sont traitées sans statut: l’argent ne peut malheureusement être dépensé qu’une seule fois, le solde du compte étant alors un statut pertinent et un logiciel bancaire doit bien sûr pouvoir le refléter avec précision. Dans notre cas, cela se traduit toujours par l’utilisation de bases de données et par la nécessité de faire preuve de persistance avant et après chaque changement de statut. C’est surtout la conception du modèle de base de données qui détermine si nous atteignons ou non notre objectif. Les processus hautement disponibles sont conçus pour fonctionner avec des structures de données stables et sans migration. C’est la seule possibilité pour éviter l’arrêt de processus critiques pour changer le schéma de la base de données.

Il reste la question de la robustesse. La science parle également de résilience lorsque l’on décrit que les défaillances ou les défaillances partielles des systèmes techniques ne conduisent pas à une panne totale. Dans les transferts de paiement, ces pannes peuvent être des pics de charge supérieurs aux limites convenues ou des systèmes périphériques qui ne répondent pas aussi rapidement que convenu. Les défaillances chez les partenaires commerciaux et les accusés de réception manquants en grandes quantités peuvent également entraîner des défaillances. Nous avons trouvé un paradigme dans la programmation réactive permettant la robustesse souhaitée à travers l’orientation des flux de données. Une surcharge peut ainsi être encapsulée dans les zones touchées et rien ne s’oppose au traitement sans panne des données restantes – dans notre cas, les paiements.


Auteur : Thomas Riedel

La stratégie européenne des paiements de détail - un bref rappel de ce qui nous attend

La plupart d’entre nous ont dû le remarquer : ceux qui travaillent sur les paiements n’ont pas pu passer à côté de la Stratégie européenne sur les paiements de détail (Retail Payments Strategy ou RPS), publiée par la Commission européenne le 24 septembre 2020 et dans laquelle elle communique les conditions-cadres pour l’orientation future des paiements en Europe. Ce document mérite d’être lu et contient des recommandations concrètes et des pistes de réflexion. Bien entendu, une stratégie n’est pas encore une loi. Il ne s’agit pas encore de réelles réglementations ni de dates de mise en œuvre. Mais les changements qui se produiront tôt ou tard dans les paiements sont prévisibles. En pratique, nous parlons des deux à quatre prochaines années.
La stratégie sur les paiements de détail comprend quatre piliers avec 17 mesures :

Le premier pilier concerne les paiements numériques et instantanés. Dans ce contexte, un point est d’une importance particulière. Si les paiements instantanés (SCT Inst) n’étaient pas suffisamment diffusés à l’échelle européenne d’ici la fin 2021 (ce qui semble être la tendance), il y aura une obligation légale qui impose l’offre et l’acceptation de SCT Inst. Toutefois, la Commission européenne souhaite une « option de retour SCT Inst » afin d’attribuer aux consommateurs des droits similaires que ce soit un virement ou un paiement par carte de crédit (rétrofacturation). En outre, il est également prévu d’établir une norme européenne pour l’utilisation et l’acceptation des paiements via un code QR et une identité numérique va être favorisée. L’acceptation des paiements sans numéraire doit également être élargie.

Le deuxième pilier concerne un marché des paiements innovant et compétitif. La DSP2 est l’un des aspects importants. Deux ans après l’entrée en vigueur des derniers amendements, le succès espéré n’est pas encore pleinement visible. Au sein des différents pays, il existe également des interprétations différentes dues à une multitude d’obstacles. Une vérification de la mise en œuvre actuelle est prévue d’ici la fin 2021. Les résultats et les expériences devraient être intégrés dans un Open Banking Framework d’ici mi-2022. Le fait que l’œuvre s’appellera alors DSP3 ou autrement ne sera pas décisif.
Le troisième pilier concerne les systèmes de paiement efficaces et interopérables. Il s'agit de l’infrastructure technique qui devrait être disponible dans toute l’Europe. Les paiements transfrontaliers européens, même en provenance de pays membres ayant des monnaies nationales différentes, devraient être possibles en temps réel.

Le quatrième pilier couvre les transactions financières efficaces au niveau international. L’efficacité des transactions financières inclut notamment la traçabilité des paiements qui est déjà mise en œuvre avec SWIFT gpi. L'utilisation de formats uniformes et modernes y contribue également et est déjà favorisée par la transition mondiale à la norme ISO 20022. En principe, les paiements vers les pays tiers devraient devenir plus rapides et plus confortables.

Il reste à voir quelles mesures concrètes suivront. Nous savons tous que la réglementation n’arrive jamais à suivre l’évolution du marché. Lors de l’adoption de la DSP2, par exemple, quasiment personne n’avait idée de la diversité que la biométrie, les assistants vocaux et les objets payants (bagues, montres, bracelets) occuperait déjà dans la vie quotidienne. Le législateur ne peut diriger le marché qu’à travers des conditions-cadres. La stratégie pour les paiements de détail prévoit quelques conditions-cadres intéressantes, dont le contenu suivra bientôt.

La version originale de la Stratégie de l’UE en matière de paiements de détail est disponible à l’adresse suivante :
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:52020DC0592

Auteur : Swaantje Anneke Völkel



L’euro numérique devrait être comme la monnaie : sûre et anonyme

Pourquoi le consommateur paie-t-il avec des billets et pièces ? La monnaie offre tout d’abord l’anonymité et la confidentialité lors du processus de paiement. C’est surtout en Allemagne que la monnaie occupe une place importante en tant que moyen de paiement, notamment en raison de ces caractéristiques essentielles. Cependant, la crise liée au coronavirus entraîne un changement dans les habitudes de paiement : le paiement sans contact connaît une forte augmentation. Dans sa dernière publication intitulée « Report on a digital euro », la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré que, bien que les espèces restent encore le moyen de paiement le plus utilisé surtout en Allemagne, il existe une nette tendance à l’utilisation accrue des formes de paiement numériques et innovantes. Ce changement dans les habitudes de paiements se manifeste non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe. 

La numérisation requiert de la monnaie numérique

La zone euro se doit d’être préparée pour l’avenir et prête à réagir aux changements à court terme. L’introduction d’une monnaie numérique de la Banque centrale ou « Central bank digital currency » (CBDC) pourrait constituer un moteur à la numérisation et à l’innovation dans la société européenne. La BCE définit cet euro numérique comme une représentation électronique de la monnaie de la Banque centrale, qui doit être accessible aux citoyens et aux entreprises. La monnaie est complétée par la monnaie numérique comme autre type de paiement.

La conception reste encore à définir

La BCE n’a pas encore spécifié la conception de l’euro numérique. Outre les considérations sur les modèles possibles, la Banque centrale a défini dans le rapport susmentionné ses exigences (clés) pour une telle monnaie numérique. Dans le rapport, la BCE décrit les conditions nécessaires pour introduire un euro numérique et les approches possibles pour sa conception.

Feedback souhaité

Une large acceptation de l’euro numérique est indispensable. Afin d'évaluer la conception de l’euro numérique, ainsi que les cas d'utilisation les plus appropriés, la BCE a sollicité l'opinion publique sur une monnaie numérique de la Banque centrale en Europe dans le cadre d'une consultation en ligne. Les citoyens, les institutions et les experts ont eu l'occasion de présenter leurs points de vue et leurs propositions de solutions. Le feedback était énorme et montre l'intérêt majeur que suscite le sujet : la BCE a reçu plus de 8 000 réponses et les premiers résultats ont déjà été publiés. Selon ces résultats, plus d'un tiers des participants demandent un euro numérique qui garantisse la confidentialité dans les opérations de paiement. La sécurité et l’influence paneuropéenne de la monnaie numérique sont également des objectifs importants. La monnaie numérique de la Banque centrale doit donc refléter les caractéristiques essentielles de la monnaie physique.

Décision attendue en milieu de l'année

D'autres résultats de la consultation suivront au printemps. Sur la base de ces éléments et des résultats de la précédente enquête interne, la BCE souhaite décider du lancement du projet d'euro numérique au milieu de cette année.

Dans le cadre d’une interview en ligne sur « Reuters Next », la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué qu’elle compte sur l’introduction de l’euro numérique dans les prochaines années – le nouveau moyen de paiement pourrait donc bientôt devenir une réalité.

Pour de plus amples informations :

Banque centrale européenne : Report on a digital euro, Bruxelles, octobre 2020

Banque centrale européenne : ECB digital euro consultation ends with record level of public feedback, 13/01/2021

Auteur : Anja Kamping

EBICS en tant que SaaS – EBICS dans le cloud

Que ce soit pour les institutions financières, les entreprises, les prestataires de services de paiement ou les fournisseurs de services Internet, EBICS est aujourd'hui utilisé dans tous ces domaines à travers toute l’Europe. Pourquoi est-ce ainsi ? D'une part, EBICS est destiné aux paiements de masse courants dans le secteur des entreprises et, d'autre part, EBICS est établi comme standard en matière d'eBanking en Europe.

J'ai besoin de connectivité EBICS - dois-je exploiter EBICS moi-même ?  

Tous les acteurs du marché d’EBICS ont un point commun : leur activité principale n'est en général pas liée à l'exploitation et au traitement de la communication EBICS, mais plutôt à l'offre et la vente de produits bancaires, les services de paiement et les activités sur Internet. Il faut que la communication fonctionne et, à cet égard, l’utilisateur souhaite compter sur un standard pour ne pas avoir à construire et à entretenir ses propres solutions de connexion avec chaque partenaire.  

Pour pouvoir se concentrer pleinement sur les activités clés, il pourrait être intéressant de réfléchir à un concept de « logiciel en tant que service » (SaaS) pour tous les services liés à EBICS. Il existe, par exemple, différentes approches pour exploiter les services d’EBICS dans le cloud. Les utilisateurs de service peuvent être en mesure d’économiser certains coûts et ainsi bénéficier d’une plus grande flexibilité, car une solution EBICS peut non seulement être mise en œuvre plus rapidement mais également étendue ou réduite plus facilement.   

Les institutions financières ayant un nombre plus petit de clients EBICS potentiels évitent d’installer et exploiter un serveur bancaire EBICS eux-mêmes, à cause des coûts initiaux élevés. Cet effort et ses coûts en valent-ils la peine pour les quelques 50 à 100 premières entreprises clientes ?

EBICS dans le cloud

Alors pourquoi exploiter le service vous-même ? Pourquoi ne pas engager un prestataire de services qui a accompagné les opérations d’EBICS dès le début et qui en maitrise donc tous les aspects ?

Acheter un serveur bancaire EBICS complet en tant que service à un prix abordable représenterait un idéal. Ou mieux encore : l’intégration d’un portail d’entreprise cliente basé sur le Web pour que les clients puissent bénéficier rapidement et sans effort du nouveau service. Les institutions financières ainsi que les entreprises pourraient alors utiliser ces services.

EBICS n'est pas un service qui vise uniquement à obtenir un avantage concurrentiel décisif par rapport à d'autres institutions financières. Offrir EBICS et les services de paiements correspondants est indispensable pour les institutions financières. Alors pourquoi ne pas partager les coûts initiaux et profiter d'un service dans le cloud plus avantageux ?

EBICS dans le cloud : peut-être une option intéressante. N’est-ce pas ?

Auteur : Michael Lembcke

La demande de paiement n’est pas un problème grâce à EBICS

Attirant pour les consommateurs, complément important à l'achat au point de vente (POS) du point de vue des clients professionnels – telles sont les évaluations actuelles quant à la demande de paiement (Request to Pay ou RTP). La nouvelle initiative pour une demande de paiement unique (EPC014-20) dans l’espace européen a été définie par le Conseil européen des paiements (EPC) en juin 2020.

Grâce à une solution RTP, les clients peuvent désormais payer leurs achats directement auprès du conseiller clientèle sans avoir à se rendre à la caisse. L'expérience d'achat changera donc considérablement. Dans le commerce en ligne, RTP est une solution de paiement plus avantageuse pour le fournisseur que le prélèvement qui peut être révoqué. Le virement résultant de la RTP n’engendre pas de frais supplémentaires comme, par exemple, des paiements par cartes de crédit, via Paypal et d’autres solutions similaires. Cela s’applique également aux coûts d'infrastructure supplémentaires des processeurs.

Un autre avantage est que RTP permet de transporter toutes les informations dont le bénéficiaire du paiement a besoin pour le virement bancaire. L'objectif est d'assurer une comptabilisation des paiements la plus entièrement automatisée possible. Pour y parvenir, chacune des parties concernées est tenue de transmettre les données reçues à l'instance suivante pour qu’elles puissent être traitées ultérieurement. Cependant, pour que les consommateurs privés puissent utiliser ce nouveau moyen de manière généralisée, il faut d'abord créer des applications mobiles appropriées pour les débiteurs. Cela se produira sans aucun doute, même si cela devrait prendre encore un certain temps.

Actuellement, l'initiative de l’EPC reste floue sur la manière dont l'accessibilité universelle du débiteur peut être réalisée de manière uniforme. Le concept de base selon lequel le bénéficiaire de la demande de paiement peut être adressé de manière arbitraire empêche une mise en œuvre rapide. Comme c'est souvent le cas, l'EPC encouragent cette fois encore les nouveaux prestataires de services à prendre l’initiative. Mais de nombreuses interrogations subsistent. La spécification n’apporte pas de réponses et s'appuie sur les solutions des futurs prestataires qui n'existent pas encore.

C'est l’opportunité idéale pour que les institutions financières agissent – maintenant ! L'EBA a déjà fait une proposition simple et complète pour l'Europe et la met déjà en œuvre dans des solutions d'infrastructure. Le concept est simple et s'appuie sur la compensation SEPA de l'Union européenne. Dans le réseau RTP de l’EBA, les débiteurs sont clairement identifiés par leur IBAN. Grâce à la compensation des paiements de l’EBA, chaque institution financière du débiteur peut désormais être identifiée et jointe. Cela permet aux institutions financières européennes de reprendre le contrôle des paiements de masse et offre une alternative européenne aux nombreuses procédures de paiement nationales qui sont mutuellement mobiles mais incompatibles, notamment Paypal.

Si l’institution financière du débiteur reçoit une demande de paiement RTP, elle en informe la personne concernée via des canaux bancaires en ligne existants. Dans le cas idéal, ce procédé se fait directement en utilisant l'application de l’institution financière sur un appareil mobile. Le débiteur peut alors payer la marchandise immédiatement. Toutefois, des mises à jour des systèmes clients sont encore nécessaires, tant pour les entreprises que pour les débiteurs.

Tout comme dans le secteur B2C, RTP peut également être utilisée dans le secteur B2B. D'autant plus que l'introduction est beaucoup plus facile et plus rapide que dans le secteur des consommateurs. Grâce au protocole EBICS, un grand nombre d’entreprises utilisent déjà un canal qui peut être facilement étendu à la demande de paiement. Dans la plupart des cas, une simple adaptation de la configuration sous forme de nouveaux types d’ordre suffit. Les entreprises peuvent désormais envoyer une demande de paiement à une autre entreprise en soumettant un ordre RTP (pain.013). Cette dernière reçoit la demande de paiement également via EBICS. L'IBAN suffit comme adresse cible et le reste fonctionne électroniquement dans toute l'Europe via les réseaux existants de l'EBA, agissant en tant que plateforme centrale de compensation. Cela signifie qu’en principe toutes les entreprises et tous les titulaires de compte de la zone SEPA sont déjà accessibles. 

Les réponses de statut associées indiquent rapidement à l'émetteur de la facture si le débiteur rejette ou accepte la demande de paiement envoyée. Si la demande est acceptée, la marchandise peut être expédiée. Il n'est pas toujours nécessaire de lancer le paiement immédiatement, car les paiements effectués à une date ultérieure sont également pris en charge par la spécification RTP. La procédure RTP utilise deux formats ISO XML différents (pain.013.001.07 et pain.014.001.07). Si nécessaire, un rappel peut également être mis en œuvre. Tout peut être facilement transporté via EBICS.

Pour une utilisation confortable de la demande de paiement, les systèmes client EBICS et les portails d'entreprises permettent désormais une mise en œuvre des fonctions de saisie et de chargement respectives ainsi que l’affichage des réponses de statut sur leur interface. En l’absence d’une réponse du bénéficiaire concernant la demande de paiement, le statut peut être activement consulté à tout moment. Alternativement, un rappel (pain.056) peut être utilisé pour annuler la demande de paiement.
Puisque les virements SEPA existants ou les paiements instantanés peuvent être utilisés dans le processus, les paiements et les messages de réception deviendront possibles en quelques secondes. L’avantage d’une demande de paiement par rapport à un prélèvement est évident : les mandats complexes et leurs stockages ne sont plus nécessaires. De plus, les paiements effectués de cette manière ne peuvent pas être annulés. Pour le commerçant, la demande de paiement réduit ainsi le risque de révocation d’un prélèvement qui existe autrement pendant quelques semaines.

Le moment est venu pour les entreprises de créer les conditions nécessaires à la RTP. Elles seront ainsi prêtes lorsque les consommateurs pourront utiliser le nouveau format de paiement à tout moment, de manière mobile et en tout lieu.

En 2021, PPI établira les bases dans les produits TRAVIC pour assurer un succès à l’échelle européenne. TRAVIC-Port permettra la saisie et le chargement des demandes de paiement, TRAVIC-Corporate approuvera les demandes et validera les ordres RTP, et TRAVIC-Payment Hub conjointement avec TRAVIC-Interbank prendra en charge le transfert vers le réseau de l’EBA. Grâce à RTP, les institutions financières peuvent retrouver – au moins partiellement – le rôle central qu’elles avaient initialement dans les paiements et qu'elles ont perdu au profit d’autres procédures de paiements, telles PayPal et autres.

Auteur : Michael Schunk