Les transactions financières sans interruption – qui ne souhaite pas cela ?

Certains systèmes logiciels sont tellement essentiels qu’ils requièrent les niveaux de disponibilité les plus élevés. Certes, dans le secteur financier, il ne s’agit pas d’une question de vie ou de mort. Mais dans le cas des procédures de paiement en temps réel ou des processus d’autorisation en temps réel, des exigences toujours plus importantes sont définies et surtout les périodes de maintenance ne sont plus acceptées. Et cela à juste titre : si, à cause d’une fenêtre de maintenance, vous recevez votre relevé de compte une heure plus tard, ou si le portail est inaccessible pendant une heure, cela peut être fâcheux, mais sans trop de conséquences. En revanche, si le client d’une banque ne peut plus payer sur le point de vente ou ne peut autoriser un paiement en temps réel, l’indisponibilité est d’une importance sérieuse.

Par conséquent, après le processus d’autorisation des paiements par carte, le transfert en temps réel est également devenu un domaine d’application des systèmes sans interruption avec l’introduction des paiements instantanés en Europe.

Commençons par le concept de continuité de service. Un fonctionnement sans interruption est défini par deux propriétés différentes :

  1. Éviter l’indisponibilité prévue
    En fonctionnement normal, le système est prêt à fonctionner en permanence. Il n’existe donc pas de période de fonctionnement limité, par exemple en fin de journée ou lors d’une réorganisation.
    Le système est conçu pour que les changements de version puissent également être effectués en cours d’exploitation et ne provoquent aucun temps d’arrêt. 
  2. Réduire l’indisponibilité non prévue
    Le système est hautement disponible même en cas d’erreur. La garantie de fonctionnement est donc importante malgré la défaillance de certains composants. Cette probabilité est calculée ou mesurée comme le rapport entre le temps de production et la durée d’exécution, c’est-à-dire le temps incluant le temps d’interruption, par exemple 99,99 %.
    La robustesse des scénarios de surcharge est particulièrement importante dans ce contexte. Bien que chaque système ait ses limites, il y a une différence entre l’effondrement total du système en raison d’un dépassement de la limite de charge et le fait que seule la charge supplémentaire ne peut être traitée conformément aux spécifications.

En règle générale, l’enthousiasme pour le sujet diminue considérablement lorsque l’on considère les coûts. Il convient alors de trouver des solutions architecturales et non seulement déplacer tout sur l’infrastructure. Néanmoins, même le meilleur logiciel ne pourra fonctionner que si l’environnement système est disponible. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’infrastructure hautement disponible, des systèmes d’exploitation, des systèmes de base de données et des agents de messages – tous ces éléments sont les conditions de base pour un système global sans interruption. Je voudrais plutôt me concentrer sur l’architecture logicielle. Cela permettrait de mettre en œuvre les exigences de disponibilité de manière ciblée tout en surveillant les coûts.

La haute disponibilité étant coûteuse, il faut avant tout identifier les processus critiques. Par conséquent, il faut savoir quels sont les processus devant toujours fonctionner et ceux qui peuvent être exécutés ultérieurement. Dans le cas des paiements en temps réel par exemple, les traitements en masse sont moins cruciaux que les paiements individuels.

Au cas où les grands composants relèvent des processus critiques, il convient d’analyser si ceux-ci peuvent être contournés. Un composant alternatif peut-il remplacer les tâches critiques d’un grand composant qui n’est pas hautement disponible pendant la période de défaillance ? Dans les transferts de paiements, le système de réservation peut être un très grand système qui n’est pas hautement disponible et la vérification de solde en ligne peut être le processus critique qui doit être contourné.

Bien entendu, dans l’ensemble, les transactions financières ne sont traitées sans statut: l’argent ne peut malheureusement être dépensé qu’une seule fois, le solde du compte étant alors un statut pertinent et un logiciel bancaire doit bien sûr pouvoir le refléter avec précision. Dans notre cas, cela se traduit toujours par l’utilisation de bases de données et par la nécessité de faire preuve de persistance avant et après chaque changement de statut. C’est surtout la conception du modèle de base de données qui détermine si nous atteignons ou non notre objectif. Les processus hautement disponibles sont conçus pour fonctionner avec des structures de données stables et sans migration. C’est la seule possibilité pour éviter l’arrêt de processus critiques pour changer le schéma de la base de données.

Il reste la question de la robustesse. La science parle également de résilience lorsque l’on décrit que les défaillances ou les défaillances partielles des systèmes techniques ne conduisent pas à une panne totale. Dans les transferts de paiement, ces pannes peuvent être des pics de charge supérieurs aux limites convenues ou des systèmes périphériques qui ne répondent pas aussi rapidement que convenu. Les défaillances chez les partenaires commerciaux et les accusés de réception manquants en grandes quantités peuvent également entraîner des défaillances. Nous avons trouvé un paradigme dans la programmation réactive permettant la robustesse souhaitée à travers l’orientation des flux de données. Une surcharge peut ainsi être encapsulée dans les zones touchées et rien ne s’oppose au traitement sans panne des données restantes – dans notre cas, les paiements.


Auteur : Thomas Riedel

La stratégie européenne des paiements de détail - un bref rappel de ce qui nous attend

La plupart d’entre nous ont dû le remarquer : ceux qui travaillent sur les paiements n’ont pas pu passer à côté de la Stratégie européenne sur les paiements de détail (Retail Payments Strategy ou RPS), publiée par la Commission européenne le 24 septembre 2020 et dans laquelle elle communique les conditions-cadres pour l’orientation future des paiements en Europe. Ce document mérite d’être lu et contient des recommandations concrètes et des pistes de réflexion. Bien entendu, une stratégie n’est pas encore une loi. Il ne s’agit pas encore de réelles réglementations ni de dates de mise en œuvre. Mais les changements qui se produiront tôt ou tard dans les paiements sont prévisibles. En pratique, nous parlons des deux à quatre prochaines années.
La stratégie sur les paiements de détail comprend quatre piliers avec 17 mesures :

Le premier pilier concerne les paiements numériques et instantanés. Dans ce contexte, un point est d’une importance particulière. Si les paiements instantanés (SCT Inst) n’étaient pas suffisamment diffusés à l’échelle européenne d’ici la fin 2021 (ce qui semble être la tendance), il y aura une obligation légale qui impose l’offre et l’acceptation de SCT Inst. Toutefois, la Commission européenne souhaite une « option de retour SCT Inst » afin d’attribuer aux consommateurs des droits similaires que ce soit un virement ou un paiement par carte de crédit (rétrofacturation). En outre, il est également prévu d’établir une norme européenne pour l’utilisation et l’acceptation des paiements via un code QR et une identité numérique va être favorisée. L’acceptation des paiements sans numéraire doit également être élargie.

Le deuxième pilier concerne un marché des paiements innovant et compétitif. La DSP2 est l’un des aspects importants. Deux ans après l’entrée en vigueur des derniers amendements, le succès espéré n’est pas encore pleinement visible. Au sein des différents pays, il existe également des interprétations différentes dues à une multitude d’obstacles. Une vérification de la mise en œuvre actuelle est prévue d’ici la fin 2021. Les résultats et les expériences devraient être intégrés dans un Open Banking Framework d’ici mi-2022. Le fait que l’œuvre s’appellera alors DSP3 ou autrement ne sera pas décisif.
Le troisième pilier concerne les systèmes de paiement efficaces et interopérables. Il s'agit de l’infrastructure technique qui devrait être disponible dans toute l’Europe. Les paiements transfrontaliers européens, même en provenance de pays membres ayant des monnaies nationales différentes, devraient être possibles en temps réel.

Le quatrième pilier couvre les transactions financières efficaces au niveau international. L’efficacité des transactions financières inclut notamment la traçabilité des paiements qui est déjà mise en œuvre avec SWIFT gpi. L'utilisation de formats uniformes et modernes y contribue également et est déjà favorisée par la transition mondiale à la norme ISO 20022. En principe, les paiements vers les pays tiers devraient devenir plus rapides et plus confortables.

Il reste à voir quelles mesures concrètes suivront. Nous savons tous que la réglementation n’arrive jamais à suivre l’évolution du marché. Lors de l’adoption de la DSP2, par exemple, quasiment personne n’avait idée de la diversité que la biométrie, les assistants vocaux et les objets payants (bagues, montres, bracelets) occuperait déjà dans la vie quotidienne. Le législateur ne peut diriger le marché qu’à travers des conditions-cadres. La stratégie pour les paiements de détail prévoit quelques conditions-cadres intéressantes, dont le contenu suivra bientôt.

La version originale de la Stratégie de l’UE en matière de paiements de détail est disponible à l’adresse suivante :
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:52020DC0592

Auteur : Swaantje Anneke Völkel



L’euro numérique devrait être comme la monnaie : sûre et anonyme

Pourquoi le consommateur paie-t-il avec des billets et pièces ? La monnaie offre tout d’abord l’anonymité et la confidentialité lors du processus de paiement. C’est surtout en Allemagne que la monnaie occupe une place importante en tant que moyen de paiement, notamment en raison de ces caractéristiques essentielles. Cependant, la crise liée au coronavirus entraîne un changement dans les habitudes de paiement : le paiement sans contact connaît une forte augmentation. Dans sa dernière publication intitulée « Report on a digital euro », la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré que, bien que les espèces restent encore le moyen de paiement le plus utilisé surtout en Allemagne, il existe une nette tendance à l’utilisation accrue des formes de paiement numériques et innovantes. Ce changement dans les habitudes de paiements se manifeste non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe. 

La numérisation requiert de la monnaie numérique

La zone euro se doit d’être préparée pour l’avenir et prête à réagir aux changements à court terme. L’introduction d’une monnaie numérique de la Banque centrale ou « Central bank digital currency » (CBDC) pourrait constituer un moteur à la numérisation et à l’innovation dans la société européenne. La BCE définit cet euro numérique comme une représentation électronique de la monnaie de la Banque centrale, qui doit être accessible aux citoyens et aux entreprises. La monnaie est complétée par la monnaie numérique comme autre type de paiement.

La conception reste encore à définir

La BCE n’a pas encore spécifié la conception de l’euro numérique. Outre les considérations sur les modèles possibles, la Banque centrale a défini dans le rapport susmentionné ses exigences (clés) pour une telle monnaie numérique. Dans le rapport, la BCE décrit les conditions nécessaires pour introduire un euro numérique et les approches possibles pour sa conception.

Feedback souhaité

Une large acceptation de l’euro numérique est indispensable. Afin d'évaluer la conception de l’euro numérique, ainsi que les cas d'utilisation les plus appropriés, la BCE a sollicité l'opinion publique sur une monnaie numérique de la Banque centrale en Europe dans le cadre d'une consultation en ligne. Les citoyens, les institutions et les experts ont eu l'occasion de présenter leurs points de vue et leurs propositions de solutions. Le feedback était énorme et montre l'intérêt majeur que suscite le sujet : la BCE a reçu plus de 8 000 réponses et les premiers résultats ont déjà été publiés. Selon ces résultats, plus d'un tiers des participants demandent un euro numérique qui garantisse la confidentialité dans les opérations de paiement. La sécurité et l’influence paneuropéenne de la monnaie numérique sont également des objectifs importants. La monnaie numérique de la Banque centrale doit donc refléter les caractéristiques essentielles de la monnaie physique.

Décision attendue en milieu de l'année

D'autres résultats de la consultation suivront au printemps. Sur la base de ces éléments et des résultats de la précédente enquête interne, la BCE souhaite décider du lancement du projet d'euro numérique au milieu de cette année.

Dans le cadre d’une interview en ligne sur « Reuters Next », la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué qu’elle compte sur l’introduction de l’euro numérique dans les prochaines années – le nouveau moyen de paiement pourrait donc bientôt devenir une réalité.

Pour de plus amples informations :

Banque centrale européenne : Report on a digital euro, Bruxelles, octobre 2020

Banque centrale européenne : ECB digital euro consultation ends with record level of public feedback, 13/01/2021

Auteur : Anja Kamping

EBICS en tant que SaaS – EBICS dans le cloud

Que ce soit pour les institutions financières, les entreprises, les prestataires de services de paiement ou les fournisseurs de services Internet, EBICS est aujourd'hui utilisé dans tous ces domaines à travers toute l’Europe. Pourquoi est-ce ainsi ? D'une part, EBICS est destiné aux paiements de masse courants dans le secteur des entreprises et, d'autre part, EBICS est établi comme standard en matière d'eBanking en Europe.

J'ai besoin de connectivité EBICS - dois-je exploiter EBICS moi-même ?  

Tous les acteurs du marché d’EBICS ont un point commun : leur activité principale n'est en général pas liée à l'exploitation et au traitement de la communication EBICS, mais plutôt à l'offre et la vente de produits bancaires, les services de paiement et les activités sur Internet. Il faut que la communication fonctionne et, à cet égard, l’utilisateur souhaite compter sur un standard pour ne pas avoir à construire et à entretenir ses propres solutions de connexion avec chaque partenaire.  

Pour pouvoir se concentrer pleinement sur les activités clés, il pourrait être intéressant de réfléchir à un concept de « logiciel en tant que service » (SaaS) pour tous les services liés à EBICS. Il existe, par exemple, différentes approches pour exploiter les services d’EBICS dans le cloud. Les utilisateurs de service peuvent être en mesure d’économiser certains coûts et ainsi bénéficier d’une plus grande flexibilité, car une solution EBICS peut non seulement être mise en œuvre plus rapidement mais également étendue ou réduite plus facilement.   

Les institutions financières ayant un nombre plus petit de clients EBICS potentiels évitent d’installer et exploiter un serveur bancaire EBICS eux-mêmes, à cause des coûts initiaux élevés. Cet effort et ses coûts en valent-ils la peine pour les quelques 50 à 100 premières entreprises clientes ?

EBICS dans le cloud

Alors pourquoi exploiter le service vous-même ? Pourquoi ne pas engager un prestataire de services qui a accompagné les opérations d’EBICS dès le début et qui en maitrise donc tous les aspects ?

Acheter un serveur bancaire EBICS complet en tant que service à un prix abordable représenterait un idéal. Ou mieux encore : l’intégration d’un portail d’entreprise cliente basé sur le Web pour que les clients puissent bénéficier rapidement et sans effort du nouveau service. Les institutions financières ainsi que les entreprises pourraient alors utiliser ces services.

EBICS n'est pas un service qui vise uniquement à obtenir un avantage concurrentiel décisif par rapport à d'autres institutions financières. Offrir EBICS et les services de paiements correspondants est indispensable pour les institutions financières. Alors pourquoi ne pas partager les coûts initiaux et profiter d'un service dans le cloud plus avantageux ?

EBICS dans le cloud : peut-être une option intéressante. N’est-ce pas ?

Auteur : Michael Lembcke

La demande de paiement n’est pas un problème grâce à EBICS

Attirant pour les consommateurs, complément important à l'achat au point de vente (POS) du point de vue des clients professionnels – telles sont les évaluations actuelles quant à la demande de paiement (Request to Pay ou RTP). La nouvelle initiative pour une demande de paiement unique (EPC014-20) dans l’espace européen a été définie par le Conseil européen des paiements (EPC) en juin 2020.

Grâce à une solution RTP, les clients peuvent désormais payer leurs achats directement auprès du conseiller clientèle sans avoir à se rendre à la caisse. L'expérience d'achat changera donc considérablement. Dans le commerce en ligne, RTP est une solution de paiement plus avantageuse pour le fournisseur que le prélèvement qui peut être révoqué. Le virement résultant de la RTP n’engendre pas de frais supplémentaires comme, par exemple, des paiements par cartes de crédit, via Paypal et d’autres solutions similaires. Cela s’applique également aux coûts d'infrastructure supplémentaires des processeurs.

Un autre avantage est que RTP permet de transporter toutes les informations dont le bénéficiaire du paiement a besoin pour le virement bancaire. L'objectif est d'assurer une comptabilisation des paiements la plus entièrement automatisée possible. Pour y parvenir, chacune des parties concernées est tenue de transmettre les données reçues à l'instance suivante pour qu’elles puissent être traitées ultérieurement. Cependant, pour que les consommateurs privés puissent utiliser ce nouveau moyen de manière généralisée, il faut d'abord créer des applications mobiles appropriées pour les débiteurs. Cela se produira sans aucun doute, même si cela devrait prendre encore un certain temps.

Actuellement, l'initiative de l’EPC reste floue sur la manière dont l'accessibilité universelle du débiteur peut être réalisée de manière uniforme. Le concept de base selon lequel le bénéficiaire de la demande de paiement peut être adressé de manière arbitraire empêche une mise en œuvre rapide. Comme c'est souvent le cas, l'EPC encouragent cette fois encore les nouveaux prestataires de services à prendre l’initiative. Mais de nombreuses interrogations subsistent. La spécification n’apporte pas de réponses et s'appuie sur les solutions des futurs prestataires qui n'existent pas encore.

C'est l’opportunité idéale pour que les institutions financières agissent – maintenant ! L'EBA a déjà fait une proposition simple et complète pour l'Europe et la met déjà en œuvre dans des solutions d'infrastructure. Le concept est simple et s'appuie sur la compensation SEPA de l'Union européenne. Dans le réseau RTP de l’EBA, les débiteurs sont clairement identifiés par leur IBAN. Grâce à la compensation des paiements de l’EBA, chaque institution financière du débiteur peut désormais être identifiée et jointe. Cela permet aux institutions financières européennes de reprendre le contrôle des paiements de masse et offre une alternative européenne aux nombreuses procédures de paiement nationales qui sont mutuellement mobiles mais incompatibles, notamment Paypal.

Si l’institution financière du débiteur reçoit une demande de paiement RTP, elle en informe la personne concernée via des canaux bancaires en ligne existants. Dans le cas idéal, ce procédé se fait directement en utilisant l'application de l’institution financière sur un appareil mobile. Le débiteur peut alors payer la marchandise immédiatement. Toutefois, des mises à jour des systèmes clients sont encore nécessaires, tant pour les entreprises que pour les débiteurs.

Tout comme dans le secteur B2C, RTP peut également être utilisée dans le secteur B2B. D'autant plus que l'introduction est beaucoup plus facile et plus rapide que dans le secteur des consommateurs. Grâce au protocole EBICS, un grand nombre d’entreprises utilisent déjà un canal qui peut être facilement étendu à la demande de paiement. Dans la plupart des cas, une simple adaptation de la configuration sous forme de nouveaux types d’ordre suffit. Les entreprises peuvent désormais envoyer une demande de paiement à une autre entreprise en soumettant un ordre RTP (pain.013). Cette dernière reçoit la demande de paiement également via EBICS. L'IBAN suffit comme adresse cible et le reste fonctionne électroniquement dans toute l'Europe via les réseaux existants de l'EBA, agissant en tant que plateforme centrale de compensation. Cela signifie qu’en principe toutes les entreprises et tous les titulaires de compte de la zone SEPA sont déjà accessibles. 

Les réponses de statut associées indiquent rapidement à l'émetteur de la facture si le débiteur rejette ou accepte la demande de paiement envoyée. Si la demande est acceptée, la marchandise peut être expédiée. Il n'est pas toujours nécessaire de lancer le paiement immédiatement, car les paiements effectués à une date ultérieure sont également pris en charge par la spécification RTP. La procédure RTP utilise deux formats ISO XML différents (pain.013.001.07 et pain.014.001.07). Si nécessaire, un rappel peut également être mis en œuvre. Tout peut être facilement transporté via EBICS.

Pour une utilisation confortable de la demande de paiement, les systèmes client EBICS et les portails d'entreprises permettent désormais une mise en œuvre des fonctions de saisie et de chargement respectives ainsi que l’affichage des réponses de statut sur leur interface. En l’absence d’une réponse du bénéficiaire concernant la demande de paiement, le statut peut être activement consulté à tout moment. Alternativement, un rappel (pain.056) peut être utilisé pour annuler la demande de paiement.
Puisque les virements SEPA existants ou les paiements instantanés peuvent être utilisés dans le processus, les paiements et les messages de réception deviendront possibles en quelques secondes. L’avantage d’une demande de paiement par rapport à un prélèvement est évident : les mandats complexes et leurs stockages ne sont plus nécessaires. De plus, les paiements effectués de cette manière ne peuvent pas être annulés. Pour le commerçant, la demande de paiement réduit ainsi le risque de révocation d’un prélèvement qui existe autrement pendant quelques semaines.

Le moment est venu pour les entreprises de créer les conditions nécessaires à la RTP. Elles seront ainsi prêtes lorsque les consommateurs pourront utiliser le nouveau format de paiement à tout moment, de manière mobile et en tout lieu.

En 2021, PPI établira les bases dans les produits TRAVIC pour assurer un succès à l’échelle européenne. TRAVIC-Port permettra la saisie et le chargement des demandes de paiement, TRAVIC-Corporate approuvera les demandes et validera les ordres RTP, et TRAVIC-Payment Hub conjointement avec TRAVIC-Interbank prendra en charge le transfert vers le réseau de l’EBA. Grâce à RTP, les institutions financières peuvent retrouver – au moins partiellement – le rôle central qu’elles avaient initialement dans les paiements et qu'elles ont perdu au profit d’autres procédures de paiements, telles PayPal et autres.

Auteur : Michael Schunk

Paiements en 2021 : pas le temps de relâcher

Une année difficile s’achève pour les prestataires de services de paiement européens. Dans ce secteur aussi, la pandémie liée au coronavirus était le thème déterminant. Dans les paiements individuels, comprenant les paiements interbancaires et internationaux, le coronavirus est en partie responsable du report de la consolidation de TARGET2 et de la conversion de SWIFT ISO 20022. Pour les paiements par carte, la pandémie a eu des effets négatifs, mais aussi positifs : D'une part, le coronavirus a entraîné une augmentation considérable des transactions par carte et surtout sans contact. Une telle évolution aurait normalement duré plusieurs années et elle aurait entraîné des investissements importants dans le marketing des principaux systèmes de cartes. D'autre part, de nombreux acteurs du marché des cartes ont subi des baisses massives de ventes, en particulier ceux qui sont fortement impliqués dans le secteur de la gastronomie, des voyages et des événements. 

Ceux qui pensent que le secteur des paiements aura un répit en 2021 se trompent. Après tout, deux projets concrets seront mis en œuvre l'année prochaine. D'autres projets doivent déjà être préparés, même si la mise sur le marché n'est prévue qu'en 2022 ou encore plus tard. Considérant les énormes bouleversements structurels du marché, il semble que le secteur se trouve face à une ascension des Alpes dans des conditions difficiles.

Mais une chose à la fois : Parmi les thèmes concrets de l'année prochaine figurent la mise en place de la demande de paiement (Request to Pay ou RTP). Avec le lancement de cette norme en été 2021, les paiements seront complétés par un élément important (voir également notre livre blanc, parties 1 et 2). De nombreuses entreprises ont longtemps exigé du secteur des services financiers de faire progresser rapidement le développement et l’expansion de la demande de paiement (voir également l'enquête de l'EBA). En effet, RTP comble les lacunes en matière d'application dans les procédures existantes ou entre celles-ci. Cela inclut la connexion éventuelle des données de facturation et des données de paiement. Ce procédé facilite considérablement les processus de rapprochement dans les systèmes comptables de nombreuses entreprises. En plus, cela permet d’accepter des paiements par voie électronique au point de vente (POS) sans terminal - une possibilité qui n’existait pas jusqu’à présent. La configuration d'un point de vente devient plus facile et plus mobile grâce à RTP. 

Afin de pénétrer davantage le marché des virements en temps réel conformément au scheme SCT Inst, le Conseil de la BCE a décidé que tous les prestataires de services de paiement accessibles via TARGET2 participants à scheme SCT Inst doivent être accessibles via TIPS (TARGET instant Payment Settlement). Par conséquent, l'accessibilité via TIPS doit être assurée soit par une participation directe avec le compte de l’utilisateur, soit par la fonctionnalité « Reachable Party ». En outre, tous les ACH (Automated Clearing Houses) qui offrent des paiements instantanés doivent transférer leurs comptes techniques de TARGET2 à TIPS. La mise en œuvre des décisions est prévue pour la fin de l’année 2021. 

Enfin, tous les thèmes de 2021 ne demandent pas aux prestataires de services de paiement une si grande efficacité : Les exigences d'adaptation découlant des changements apportés par l’EPC en novembre sont plutôt gérables. En revanche, personne ne sait si cela s’applique également aux changements apportés à l’EDI et à SWIFT. Cependant, c’est très probable, du moins pour les transactions financières proprement dites. D’importantes échéances réglementaires ne sont pas non plus en vue.

Toutefois, il reste bien sûr tous les projets de paiements qui doivent être mis en œuvre en 2022 et les années à venir - et qui doivent donc être préparés en 2021. L'un des projets les plus importants est la transition des paiements au format ISO 20022 à l’échelle mondiale.

Dans les paiements individuels, par exemple, il faut préparer la transition à TARGET2 qui est prévue pour 2022 et le passage à SWIFT qui commence en 2022. Dans les deux domaines, outre le simple changement de format, des modifications importantes des processus doivent être exécutées, telles que la modification des mécanismes d'accès aux plateformes correspondantes. Selon des estimations unanimes, chacun de ces projets dépasse les dimensions du SEPA. 

En ce qui concerne les paiements de détail (SEPA), les prestataires de services de paiement doivent se préparer à la transition des schemes SEPA vers la (nouvelle) version ISO 2019, prévue pour 2023.
Compte tenu des coûts liés à ces conversions, les institutions financières – principalement les institutions de niveau 2 – externaliseront en 2021 de plus en plus le traitement des paiements ou, du moins, achèteront des logiciels de paiement en tant que service. La demande dans ce sens est déjà perceptible. En outre, il est probable que les voix qui réclament des offres centralisées pour les services interbancaires, tels que le filtrage des sanctions ou le KYC, deviennent plus fortes.

En fin de compte, les institutions financières et les prestataires de services financiers doivent trouver des réponses aux nouveaux bouleversements structurels du marché en 2021 :

  • La poursuite du développement de European Payment Initiative (EPI) : Est-il possible de créer une solution de paiement paneuropéenne unique et innovante comme alternative aux solutions et aux systèmes de paiement internationaux existants ?
  • La pression croissante exercée par la Commission européenne et par le Parlement européen sur les redevances d'interchange : Comment les émetteurs peuvent-ils réagir à une éventuelle réglementation « zéro interchange » ? Quels sont les futurs modèles commerciaux ?
  • L'obligation imminente de toutes les institutions financières imposée par le législateur européen d'offrir des paiements instantanés et de prendre davantage en compte les intérêts des consommateurs en ce qui concerne l’annulation des paiements instantanés. Les systèmes de traitement existants sont-ils en mesure de traiter des volumes supplémentaires ?
  • La consolidation significative des prestataires de services de traitement, notamment la formation de deux conglomérats par EquensWordline d'une part et de NEXI/SIA/nets d'autre part : Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir des petits et moyens fournisseurs de services, notamment en matière d’acquisition ? 
  • L’effacement progressif des frontières entre les paiements par carte et les paiements classiques, tels que les activités de Mastercard (via Vocalink) dans le cadre de la compensation des paiements classiques : Y aura-t-il une autre infrastructure de compensation à long terme dans les paiements de masse ? 
  • L'introduction imminente de la monnaie numérique, sous forme de monnaie numérique de la Banque centrale, mais aussi sous forme de libra : Quel est l'impact de ces mesures sur les paiements en espèces ou par carte ? Qu'est-ce que cela signifie pour le rôle et le modèle commercial des institutions financières ?
  • Les conséquences de l’expansion croissante de l'Internet des objets (Internet of Things) sur les paiements : Les potentiels de l'Internet des objets ne peuvent être exploités qu'avec des flux de paiement totalement autonomes et sans interruption entre les appareils connectés [voir notre étude sur l’Internet of Payments]. Comment répondre aux exigences de conformité et aux aspects de sécurité informatique ? Comment les systèmes de traitement doivent-ils être adaptés à des milliards de transactions supplémentaires ?

Le jour du nouvel an chinois 2021 marque le début de l'année du buffle. L'astrologie chinoise lui attribue la patience et la diligence. Il est fort et surmonte toutes les difficultés. Le secteur des paiements peut en faire bon usage.

Auteur : Hubertus von Poser (Head of Consulting Payments)

La demande de paiement (Request to Pay ou RTP): une valeur ajoutée pour l'expérience client dans le commerce électronique ?

Jour après jour, de nombreux clients consultent les boutiques en ligne et ajoutent une variété d’articles à leurs paniers pour les acheter et donc payer. La dernière étape du parcours client, le processus de paiement, est un point très sensible des achats en ligne. À ce stade, le client, qui souhaite acheter un produit, attend une option de paiement à la fois adaptée à son besoin, simple et intuitive. Par conséquent, l'une des tâches les plus importantes du commerçant en ligne est de toujours offrir au client une variété d’options de paiement.

Selon une étude de l'EHI, l’achat sur facture, Paypal et le prélèvement ont été les trois principaux types de paiement moteurs de chiffre d’affaires sur le marché allemand du commerce électronique en 2019. Ils représentaient près des trois quarts du chiffre d'affaires (achat sur facture 32,8 %, Paypal 20,2 %, prélèvement 18,3 %) (source : https://www.ehi.org/de/studien/online-payment-2020/). En ce qui concerne l’achat sur facture, le commerçant en ligne envoie les marchandises commandées accompagnées d’une facture au client. Le client peut rapidement vérifier son achat, il lui est simplement demandé de régler la facture dans un délai précisé. En outre, jusqu’à la date limite de paiement, il a la possibilité de conserver puis payer les marchandises ou les renvoyer. Le type de paiement Paypal se distingue quant à lui par son processus de paiement rapide. Le client n'a qu'à se connecter avec son adresse e-mail enregistrée et peut terminer son achat. Le troisième type de paiement, le prélèvement, est une procédure bien connue et populaire. Le client autorise le commerçant en ligne à débiter le montant de la facture de son compte bancaire. Aucune étape supplémentaire n'est nécessaire. 

Alors pourquoi ces types de paiements sont-ils si populaires ? Tous les trois ont des caractéristiques similaires : Ils convainquent par une manipulation intuitive, la possibilité d'un processus de paiement rapide, une vue d’ensemble des paiements et une large acceptation par les commerçants.
Cependant, le processus des types de paiement susmentionnés se termine actuellement avec le règlement. Des informations supplémentaires telles que la facturation, les bons de garantie et les informations d'expédition (numéro de suivi) sont mises à la disposition du client à un moment ultérieur via le portail des commerçants ou par courrier électronique.
En fin de compte, il manque souvent un aperçu consolidé des détails de paiement des marchandises commandées, de la facture, de la garantie et des informations d'expédition dans le processus de vente en ligne actuel.

La demande de paiement pourrait-elle être la pièce manquante du puzzle pour une expérience client réussie dans le commerce électronique?

En considérant le processus de demande à paiement conçu, on peut en déduire les possibilités d'un processus de commande complet dans l'écosystème bancaire. Le processus suivant peut être déclenché au moyen de la demande de paiement: 

Figure : Processus RTP (source : propre représentation)

Une fois que le client a confirmé sa commande dans la boutique en ligne du commerçant, une demande de paiement électronique est lancée sous forme d'un enregistrement RTP par le commerçant. Cet enregistrement est automatiquement envoyé à l’institution financière du client, puis au client (débiteur). Les informations de paiement initiales telles que les factures et les informations d'expédition peuvent être jointes à l'enregistrement RTP ou être mises à la disposition du client à un moment ultérieur via un lien figurant sur l'enregistrement.
RTP offre au client (après réception de la demande de paiement) des possibilités d'action flexibles pour effectuer son paiement :

  • Accepter maintenant et payer maintenant 
    • Par exemple, l’achat d'un film dans une vidéothèque en ligne à regarder directement
  • Accepter maintenant et payer plus tard 
    • Par exemple, l’achat de chaussures à essayer
  • Accepter plus tard et payer plus tard 
    • Par exemple, l’expédition des marchandises avant le paiement. Les premiers commerçants testent actuellement l'expédition de la marchandise (par exemple des vêtements) au client, sans que celui-ci ne soit tenu de fournir les informations de paiement. Ce n'est qu'après un certain temps que le commerçant demande des données du règlement via une demande de paiement.

Si le client accepte la demande de paiement après la réception et paie directement avec un ordre de paiement (instantané), l’institution financière du client envoie une confirmation de paiement directe à la banque du commerçant. Le commerçant (bénéficiaire) reçoit à son tour de son institution financière la confirmation de la transaction. Le processus de la demande de paiement au règlement est ainsi terminé.
Ce processus de paiement proposé en l’état n’apporte aux consommateurs aucune valeur ajoutée significative par rapport aux trois types de paiement mentionnés plus tôt. En revanche, si ce processus de paiement dans l’application bancaire est enrichi par les informations de paiement telles que les factures, les bons de garantie et les informations d'expédition, l'écosystème bancaire devient l'archive centrale des commandes en ligne et crée une nouvelle expérience client.

En outre, pour que le processus de demande de paiement devienne un processus de paiement efficace dans le commerce électronique, les facteurs suivants doivent être pris en compte :

  1. Acceptation (du commerçant) universelle des demandes de paiement électronique et des paiements
  2. Intégration du processus entier dans l'écosystème bancaire existant (application bancaire)
  3. Création d'options de paiement échelonné et de paiement à une date ultérieure
  4. Possibilité de processus inversé, par exemple, en cas d’annulation ou de perte d’un colis
  5. Extension de la transaction de paiement permettant ainsi une vue d'ensemble des achats, par exemple, par l’historique des factures, les numéros d'expédition et les bons de garantie

Compte tenu de ces facteurs et dans le cadre des paiements instantanés, la demande de paiement peut être la pièce manquante du puzzle pour une expérience client positive dans le commerce électronique. En fin de compte, la règle suivante s’applique : Pour une mise en œuvre réussie, une approche complète et centrée sur le client est nécessaire.

Auteur : Philipp Schröder