Demande de paiement – une révolution sans révolutionnaires ?

Il pourrait y avoir une ambiance de fête sur le marché européen des paiements – après tout, la première réglementation concrète pour une demande de paiement électronique paneuropéenne est entrée en vigueur le 15 juin 2021. Le SEPA Request to Pay (SRTP) Scheme Rulebook définit les paramètres pour toutes les institutions financières participantes. Une fois ce système mise en place, les entreprises envoient simplement à leurs clients un enregistrement numérique contenant les détails de la demande de paiement. Les débiteurs peuvent en transférer les informations contenues, telles que l’IBAN, le montant ou le motif de paiement d’un simple clic dans leur système bancaire, et il suffit ensuite d’autoriser la transaction. 

Peu de réactions

Les experts considèrent la demande de paiement (RTP) comme une révolution potentielle du marché européen des paiements. Cependant, les participants à cette révolution font encore défaut. Les efforts visant à lancer des produits basés sur la RTP sont à peine visibles. La question est de savoir la raison de cette réticence. Les institutions financières craignent-elles un manque de demande ? La mise en œuvre est-elle trop compliquée ou trop coûteuse ? Et comment aider les institutions financières qui souhaitent lancer des produits SRTP ?

Il existe suffisamment de parties intéressées

La demande des personnes auxquelles le système s’adresse, c’est-à-dire les clients privés et les entreprises clientes des institutions financières, existe au moins du côté des entreprises. C’est ce que montre clairement une enquête menée par l’Association bancaire pour l’euro (EBA) en collaboration avec PPI. Quel que soit le scénario d’application potentiel sur lequel les entreprises européennes ont été interrogées, la volonté d’utiliser la RTP dans leur propre entreprise était en général nettement supérieure à 80 %, voire à 90 % dans certains cas.

Effort gérable

Bien entendu, une nouvelle norme en matière des paiements demande de l’effort et ne peut pas être mise en œuvre du jour au lendemain. Si un projet correspondant est abordé en appliquant la méthode cascade classique, il faut prévoir une durée de 18 à 24 mois. Toutefois, des moyens modernes tels que le développement agile permettent de réduire cette période. Dans ce contexte, il est essentiel d’avoir une vision stratégique claire des fonctionnalités qu’un produit RTP devrait avoir. En outre, un tel progiciel doit également s’inscrire dans la planification commerciale à long terme de l’institution financière. Les coûts réels dépendent des circonstances spécifiques. Mais ils devraient être comparables à ceux d’une introduction de paiements instantanés. Les institutions qui ont déjà mis en place ce service ont un avantage, car certaines étapes importantes pour RTP ont déjà été réalisées. Elles auront alors simplement besoin d’investir environ 30 à 40 % des coûts susmentionnés.
Dans tous les cas, l’investissement devrait être amorti assez rapidement. Après tout, les produits et les services liés à la demande de paiement renforcent la fidélisation des clients et peuvent aider les institutions à regagner des parts du marché. D’autant qu’aucun acteur majeur n’a encore annoncé son intention d’entrer sur le marché de la RTP. 

Mise en place des premiers projets rapidement

Les prestataires de services financiers devraient absolument en tirer parti. Les produits minimums viables (MVP) sont adaptés à une entrée rapide sur le marché. Une alternative est de coopérer avec un ou plusieurs clients commerciaux. Ce sont surtout les entreprises qui devraient être très intéressées par la RTP, car l’utilisation du standard permet d’économiser des coûts considérables quant au processus de facturation.

Tôt ou tard, une gamme entière de produits émergera autour de RTP. C’est prévisible ! Les institutions qui entrent sur ce nouveau marché à un stade précoce peuvent attendre ce développement avec joie. Nous sommes heureux de soutenir les fournisseurs de services financiers lors de la mise en œuvre. Nous avons résumé les bases dans notre livre blanc intitulé « Comment la demande de paiement devient une histoire de succès pour les prestataires de services financiers », qui peut être téléchargé gratuitement ici.

Auteurs : Eric Waller, Anuschka Clasen

Numériser le cycle de vie des comptes ? Facile avec eBAM et EBICS !

B07? B13? Même si ces valeurs ressemblent à des portes d’aéroport pour le prochain vol, ce n’est pas ce que cela signifie ici.

Vous avez peut-être déjà vu ces désignations dans les modifications prévues pour le tableau de mise en correspondance des BTF aux types d’ordre du DK (Deutsche Kreditwirtschaft). Elles désignent deux des nouvelles opérations métier lancées en 2021 dans le domaine de la gestion électronique des comptes bancaires « electronic Bank Account Management » (eBAM). Dans un des derniers articles, nous avons déjà abordé le sujet eBAM en général et recommandé une utilisation standardisée dans le cadre de l’accord EDI.

eBAM fournit des messages pour l’ouverture, la maintenance et la fermeture des comptes et pour le système de rapport des comptes. L’accent est mis sur une relation client existante. Dans le cas contraire, d’autres défis devraient être relevés.

eBAM offre un potentiel concret pour la gestion des comptes dans l’environnement des entreprises clientes. Les activités manuelles, les ruptures de médias et une approche basée souvent sur le papier y prédominent actuellement. Les ouvertures de compte ou les modifications d’une procuration demandent beaucoup d’efforts de la part du client et de l’institution financière et prennent des jours voire des semaines pour être finalisées. Sans parler de l’absence de normes entre les différentes institutions financières.


 


Electronic Bank Account Management permet de numériser la gestion des comptes. Comme le montre la figure, les processus basés sur papier et les ruptures des médias sont remplacés par des formats normalisés XML ISO 20022 (acmt.*), qui sont échangés via un canal électronique entre l’entreprise cliente et l’institution financière. La condition préalable est que les données bancaires et les données de base du compte, les procurations et autres documents soient gérés dans les systèmes appropriés de l’entreprise cliente. Les annexes de documents et les signatures numériques sont également prises en charge, car elles peuvent être requises dans certains cas.

Un nouveau canal n’est pas nécessaire, puisque les messages eBAM peuvent également être transmis via EBICS. En outre, ils sont déjà autorisés dans le canal EBICS. Ces opérations sont bien connues et établies par les transactions financières, telles que le transfert de virements et les rapports de statut. Une transmission via d’autres canaux est également envisageable.

Au sein de l’institution, les processus d’édition nécessaires peuvent être exécutés plus rapidement et plus efficacement grâce à un soutien automatisé. 

Quelques institutions financières sur le marché proposent des offres eBAM, mais celles-ci sont parfois limitées à des cas d’utilisation ou des canaux individuels. Cependant, il existe un intérêt clairement visible des entreprises clientes, comme par les départements de trésorerie des grandes entreprises, pour ce type de gestion de compte numérique. Elles souhaitent avoir notamment une meilleure vue d’ensemble et une réduction du temps de traitement, tout en assurant une gestion pratique de leurs comptes.

Dans le même temps, les institutions financières bénéficient également d’avantages importants. La complexité de l’informatique et des processus peut être diminuée, de même que les coûts des processus peuvent être réduits. 

eBAM possède différents points de contact dans le domaine métier et l’informatique, de sorte que les questions doivent être examinées de manière globale lors de la conception et de la mise en œuvre. Cela s’applique également à des sujets connexes tels que KYC (Know Your Customer), les signatures électroniques, la réglementation ou la gestion de processus.

Pour la mise en œuvre de l’eBAM dans les systèmes informatiques, il convient de déterminer les tâches à accomplir dans le serveur bancaire et celles à exécuter dans les systèmes en aval. Que faut-il prendre en compte en raison des nouveaux formats et de leurs versions actuelles et futures ? Comment la validation des messages et la génération des réponses peuvent-elles être effectuées ? Comment les messages eBAM sont-ils traités et transférés dans les systèmes de données de base ?

À cet effet, PPI peut proposer aux institutions financières des fonctionnalités appropriées basées sur la gamme de produits TRAVIC afin de faciliter l’introduction d’une offre eBAM. Cela inclut la réception de messages par le serveur bancaire EBICS TRAVIC-Corporate, ainsi que le traitement centralisé dans un composant eBAM spécifique à l’interface entre TRAVIC-Corporate et les systèmes en aval. Cependant, la gestion de compte basée sur le web dans le portail des entreprises clientes TRAVIC-Port offre également le potentiel de votre propre offre eBAM. Et par la notification en temps réel, TRAVIC-Push-Server pourrait être immédiatement informé des événements importants.

Grâce à l’expertise technique et métier d’une seule source, PPI peut, si nécessaire, fournir un soutien global pour la mise en œuvre de l’eBAM.

Je suis convaincu que l’importance de l’eBAM ne cesse de croître. Les institutions qui agissent à un stade précoce seront en mesure de s’assurer à temps des avantages sur le marché grâce à des offres innovantes.

Qu’en pensez-vous ?

Auteur : Dr.-Ing. Thomas Stuht