Notification en cas de réception de paiements instantanés SEPA – un composant élémentaire dans la chaîne des paiements

Outre les délais courts inhérents au virement en temps réel, la notification immédiate du bénéficiaire du paiement quant à la réception du paiement est un élément clé des paiements instantanés SCT et des autres étapes associées de ce processus.

Ce qui est désormais bien réalisé dans le traitement des transactions en ligne ou dans la relation entre le commerçant et le client – comme décrit par Michael Lembcke dans l’article « Notifications en temps réel et EBICS - finies les demandes de téléchargement «vaines»  » – représente toujours un défi pour les différents acteurs dans l’environnement EBICS. Les notifications sur le chiffre d'affaires ont fait leur entrée dans l’annexe 3 de l'accord DFÜ (en vigueur depuis novembre 2019) et y sont spécifiées en tant que messages camt.054, qui peuvent être téléchargés via le type d'ordre EBICS C5N. Par contre, ces derniers doivent être récupérés activement par le bénéficiaire du paiement depuis l’institution financière. Une notification push active du bénéficiaire du paiement n’a pas été prévue jusqu’à présent. Il est désormais possible de combler cette lacune en étendant la spécification EBICS à une notification basée sur le protocole WebSocket du serveur bancaire envoyée au client. Les informations sur le chiffre d’affaires peuvent ainsi être téléchargées rapidement, dès que la réception de paiement sous-jacente a eu lieu. Les demandes de téléchargement «vaines» sont alors éliminées.

Étant donné qu’une notification directe de la réception du paiement entraîne également un déroulement des processus plus rapide et plus efficace, il est temps d’examiner de plus près cette fonction importante.

Le point de départ de notre voyage dans le monde des notifications instantanées est l’interconnexion globale de la société. Les services numériques sont disponibles à tout moment et tout lieu dans le monde et ce de plus en plus en temps réel – « toujours disponible, toujours instantané ». Alors que les délais liés aux procédures de paiement classiques duraient parfois plusieurs jours en fonction du pays destinataire, et que les processus logistiques restaient lents lors de l’envoi d’une marchandise, la numérisation croissante permet des chaînes de processus toujours plus courtes, stables, sans ruptures de supports et sans délai d’attente et assure aussi une forte croissance dans le domaine de nouvelles offres numériques.

Certaines étapes de la chaîne trop imbriquées les unes avec les autres ne peuvent être transférées facilement dans le monde instantané, car il existe des dépendances vis-à-vis du monde non numérique. D’autres étapes sont déjà disponibles 24h/24, 7j/7, 365 jours par an – certaines avec une durée de quelques secondes. Le processus de commande et le processus de paiement associé en font partie.

Le mot clé est « paiements instantanés », permettant un crédit immédiat du montant payé chez le bénéficiaire et garantissant ainsi un service immédiat après le paiement. Ce qui fonctionne pour les produits numériques est bien plus difficile pour la vente par correspondance. Une accélération de l’intégralité du processus grâce à une réception du paiement plus rapide chez le commerçant est envisageable, mais une disponibilité directe de la marchandise commandée est presque impossible, ce qui signifie que le client paye en avance même si la durée du processus est raccourcie.
L’achat sur facture représente pour le client l’option la moins risquée. Pour le commerçant/fournisseur elle comporte des risques élevés, car ce dernier fournit la marchandise en avance et ne peut pas compter sur un règlement rapide de la créance. Le paiement anticipé par les méthodes de paiement classiques, y compris les cartes, entraîne uniquement un renversement de la position de risque, mais pas un risque équilibré entre le commerçant et l’acheteur. Seul un intermédiaire peut actuellement remédier cette situation, qui exécute en tant qu’instance fiable pour le commerçant et l’acheteur la remise de la marchandise et la procédure de paiement au même moment. Pas de paiement – pas de marchandise et vice versa. C’est alors le processus de paiement à la livraison classique.

Quel est le rôle de la notification du bénéficiaire du paiement ? Sans notification immédiate du bénéficiaire sur la réception du paiement, les processus accélérés ainsi que les produits innovants, basés sur un paiement direct, sont impensables. L’opération ne peut être conclue ou du moins, la prochaine étape de la chaîne du processus ne peut être déclenchée que par une information, qui est intégrée dans le processus de paiement et qui est envoyée immédiatement après le paiement – soit par un processus en ligne via une API qui est restituée à cet effet par l’institution financière, soit via l’utilisation du canal EBICS en combinaison avec un service push.

Jusqu’à présent les notifications sur le chiffre d’affaires ont été faites par information sur les comptes intra-journaliers (MT942) ou relevé de compte (MT940), qui était restitué avec un délai d’un jour. En raison de la nécessité d’une réponse immédiate, prévue pour SCT Inst en cas d’une réception de paiements instantanés, ce n’est que la finalisation de la procédure de paiements qui est possible. Ceci est notamment indispensable pour l’application des paiements instantanés sur le POS. Les longs délais d’attente jusqu’à ce que la transaction soit complétée empêcheraient l’acceptation du client. La référence est la durée d’un paiement par carte.

Ce n’est seulement pour le POS qu’une notification immédiate est importante : Les procédures de paiements existantes, par exemple le paiement de facture par paiements instantanés dans l’online banking ainsi que le paiement classique à la livraison, pourraient en profiter. Dans le premier cas, l’avantage consiste en un déroulement accéléré du processus pour toutes les parties concernées. Le deuxième cas se réfère surtout à la substitution des instruments de paiement classiques, comme l’argent ou les cartes.

En ce qui concerne le développement des futures méthodes de paiement, par exemple Request to pay (demande de paiement), la notification jouera un rôle significatif. Dans ce contexte je voudrais vous renvoyer vers un autre article du blog EBICS de mon collègue Eric Waller qui a traité de ce sujet : « La demande de paiement modifie les transactions financières - premiers cas d’utilisation ».

Auteur : René Keller

Erreurs de format des ordres EBICS – services de test pourraient aider

EBICS a été spécialement conçu pour des échanges de données sécurisés et performants avec des fichiers de toute taille entre banques et entreprises. Pour les ordres de paiement le contenu d'un fichier à envoyer vers le serveur EBICS doit toujours correspondre à l'opération métier définie (type d'ordre, paramètre FileFormat ou BTF) et aux spécifications de formats y afférentes. Lors des remises de paiements, des fichiers de remise contenant des transactions unitaires regroupées par compte du donneur d'ordre sont couramment utilisés. La création de comptes-rendus (HAC et PTK) des procédures EBICS côté serveur est en partie spécifique au format des ordres de paiement. Les vérifications d'autorisation et la création des comptes-rendus requièrent donc que le serveur bancaire EBICS connaisse et puisse lire au moins les informations importantes du format de remise (par exemple compte du donneur d'ordre et montant). Afin de lire ces informations le serveur bancaire EBICS effectue un contrôle de format. Généralement il interrompt le contrôle dès que la première erreur de format est détectée. L'ordre est refusé en raison d’une erreur de format laquelle est documentée dans le compte-rendu client.

Pourquoi le fichier n'est-il pas entièrement vérifié et pourquoi les erreurs détaillées ne sont-elles pas consignées dans le compte-rendu client ?

Il y a plusieurs raisons à cela. En premier lieu les contrats de services habituels pour l'e-banking via EBICS visent à la remise et au traitement rapide des fichiers corrects. Une vérification intégrale du format avec compte-rendu d'erreurs n'est pas incluse et ne fait pas partie des tâches fondamentales d’un serveur bancaire EBICS. En plus, les capacités des serveurs bancaires doivent être utilisées pour le traitement immédiat des ordres conformes au format et non pour l'analyse de fichiers incorrects.
Mais comment une institution financière peut-elle offrir à ses clients entreprise un service qui améliore la qualité des ordres de paiement quant au format et au contenu, sans charger inutilement le serveur bancaire EBICS ?

Les clients pourraient pour cela utiliser des services de test tels que la plateforme de test ISO-20022. Dans le cadre de l'harmonisation des paiements suisses, les banques suisses offrent déjà une telle plateforme à leurs clients afin de tester les formats d'entrée et de sortie.

La plateforme de test simule les conditions en production spécifiques à la banque. À l'aide de cette plateforme, les messages banque-entreprise XML peuvent être validés et l'interface banque-client peut être simulée.

Un élargissement de la plateforme test ISO-20022 à la vérification des ordres de paiement pour des conventions de format et des contenus propriétaires peut encore améliorer considérablement la qualité du fichier. En faisant préalablement une vérification complète de format des ordres de paiement, des erreurs pourraient être identifiées rapidement et facilement, grâce à un compte-rendu d'erreur détaillé.

Il est ainsi possible, lors d’une vérification préalable, de détecter et de corriger les fichiers dont le format et le contenu ne sont pas corrects, avant de les envoyer vers le serveur EBICS.


Auteur: Aline Wendler et Michael Lembcke