La Retail Payments Strategy de l’UE – résultat intermédiaire

Dans l’article d’aujourd’hui, nous traitons le sujet du développement de la European Payments Strategy dans le cadre d’une courte interview. Quels sont les progrès, les nouveautés et les perspectives ? Nous avons invité notre collègue Swaantje, expert dans le domaine, pour un entretien.

Blog EBICS :
Bonjour Swaantje ! Je suis heureux que tu prennes le temps d’aborder ce sujet avec nous. Pour commencer, est-ce que tu peux nous parler un peu de toi ?

Swaantje :
Bonjour ! Oui, avec plaisir. Je m’appelle Swaantje Völkel, je suis consultante dans le domaine du conseil en paiements pour PPI AG à Hambourg et je me consacre aux adaptations initiées au niveau européen. Il en va de même pour la Digital Finance Strategy de l’UE et, plus concrètement, la Retail Payments Strategy de l’UE.

Blog EBICS :
Quel est le plus grand défi dans ce domaine ?

Swaantje :
Tout d’abord, une stratégie n’est pas une loi, mais seulement une sorte de déclaration d’intention, un plan général pour l’avenir, pour des événements futurs. Il n’y a pas d’obligations ni de délais à respecter, c’est un processus de croissance qui demande de l’observation, de l’interprétation, de l’expérience et du jugement.

Blog EBICS :
Le désir d’autonomie est donc fort, mais la motivation de le rendre obligatoire faible ?

Swaantje :
La Retail Payments Strategy de l’UE fait partie de la Digital Finance Strategy l’UE. Les deux sont notamment poussés par la Open Strategic Autonomy de l’UE et doivent la soutenir. Oui, c’est vrai – l’accent est clairement mis sur la promotion de la Open Strategic Autonomy de l’UE. La Retail Payments Strategy de l’UE décrit 17 mesures de taille et d’impact différents. L’un des thèmes principaux est la vérification de la DSP2, c’est là que nous intervenons chez PPI.

Blog EBICS :
Est-ce que cela signifie que les activités deviennent plus concrètes sur ce point et que l’on peut se préparer à des changements ?

Swaantje :
En effet. Le travail commence à devenir plus concret : dans deux consultations, nous demandons actuellement un feedback sur les objectifs de la DSP2, y compris sur le degré de réussite de la DSP2 dans la réalisation de ses objectifs. En outre, les retours concernent aussi la mise en œuvre de la DSP2 par les autorités de régulation nationales et sur les éventuelles modifications qu’ils estiment devoir être apportées à la directive. Il est également demandé si le champ d’application, les mesures et les procédures de la DSP2 sont appropriés, tout en adoptant une approche tournée vers l’avenir. Les réponses à ces consultations doivent être soumises dès maintenant, durant l’été.

Blog EBICS :
C'est justement l’estimation de la charge de travail qui est décisive – peut-on formuler une hypothèse à ce stade ?

Swaantje :
La DSP2 a entraîné de très grands changements en introduisant l’accès aux comptes par les prestataires tiers et de nouvelles exigences en matière d’authentification forte des clients. Après l’examen et la modification de la DSP2, nous comptons sur des changements, mais pas aussi profonds que ça. Mais il peut déjà en résulter des changements importants et majeurs – en revanche pas aussi importants que lors de l’introduction initiale de la DSP2. En fin de compte, nous avons beaucoup de travail à réaliser – car de petits changements peuvent avoir de grandes conséquences et vice versa, c’est pourquoi je me garde bien de faire des prévisions.
 
Blog EBICS :
Est-ce utile de partir sur des bases aussi floues ?

Swaantje :
C’est pourtant là que réside la phase créative précieuse qui nous a toujours fourni des connaissances utiles jusqu’à présent. Je me réfère à la difficulté de trouver le chemin la dernière fois. Mais nous espérons secrètement que le chemin vers la DSP3 ne sera pas aussi long qu’à l’époque. En particulier, le travail de lobbying permanent qui, d’une part, fait progresser la stratégie, mais qui, malheureusement, met aussi en évidence de nombreux souhaits concurrents, les évalue et tente de les concilier, favorise les retards. Ce n’est pas un aspect accélérateur.

Blog EBICS :
En toute honnêteté, quand peut-on espérer un achèvement du projet de DSP3 ?

Swaantje :
En 2023 ! (rit)

Grand moment lors du groupe d’utilisateurs TRAVIC 2022 - Payments-as-a-Service en double exemplaire

Après une pause forcée de trois ans, le groupe d’utilisateurs TRAVIC a enfin pu se réunir en présentiel. Les nouveautés relatives à la gamme de produits TRAVIC et les ateliers liés aux produits ont été présentés et les besoins et les questions ont été abordés en profondeur dans un cadre commun. Mais ce n’est pas tout : les très attendus présentateurs invités, Alexander Merkel (Deutsche Bundesbank) et Nico Frommholz (Hamburg Commercial Bank), ont attiré l’attention. M. Merkel a souligné le status quo et osé regarder plus loin que le bout de son nez en mettant en lumière les attentes, les chances et les risques à ne pas perdre de vue dans le domaine des « crypto-monnaies / euro numérique ». M. Frommholz, directeur des opérations de paiement, a abordé le sujet principal des Payments-as-a-Service avec son discours « SEPA est live » – un sujet que PPI AG met de plus en plus au centre de ses intérêts et qui, en plus d’EBICS, l’anime et le fait avancer avec force enthousiasme.

Avec le lancement de HCOB, PPI AG a réussi à combler une lacune importante sur le marché Payments-as-a-Service. Mais il y a bien mieux : pour son expansion dans l’espace européen, la banque directe en ligne britannique Revolut mise sur la solution d’échange de données TRAVIC-Interbank et également sur le modèle Payments-as-a-Service – basé sur le cloud et proposé par PPI AG. La néobanque Revolut, fondée à Londres en 2015, compte actuellement environ 18 millions de clients privés utilisant l’application financière de l’entreprise. En janvier 2022, Revolut a lancé son offre de services bancaires en Allemagne et dans neuf autres pays européens. Pour développer sa stratégie offensive sur le marché de l’UE, Revolut a besoin, en tant que banque non européenne, d'une connexion à la European Banking Authority (EBA) ainsi que d’une connexion technique à l’EBA Clearing – notamment au système de paiement en temps réel RT1 pour les paiements instantanés SEPA et à la plateforme STEP2 pour les paiements SEPA réguliers. Cette connexion est réalisée par la solution d’échange de données TRAVIC-Interbank ainsi que par le modèle Payments-as-a-Service.

La société de conseil et de logiciels hambourgeoise PPI AG devient ainsi un prestataire de services complet dans le domaine des paiements européens. La solution Payments-as-a-Service enrichit les secteurs du conseil et des produits logiciels d’une offre globale et complète ainsi le portefeuille de prestations de l’entreprise hambourgeoise. Avec ses équipes de conseillers spécialisés et sa gamme de produits TRAVIC, PPI se classe ainsi parmi les leaders européens du marché des paiements. « Nous sommes désormais en mesure d’offrir Payments-as-a-Service aux institutions financières pour le traitement entier des paiements. Les institutions peuvent ainsi décharger leurs services informatiques, utiliser leurs ressources de manière efficace et améliorer ainsi leur compétitivité », a constaté Dr. Thorsten Völkel, directeur général de PPI AG. Un exemple concret qui montre que la gamme de produits TRAVIC n’est pas seulement la solution logicielle centrale pour cela, mais qu’elle constitue surtout l’avenir pour une plateforme de paiements standardisée, multi-banques, moderne et hébergée pour le marché bancaire européen ! Avec ces prestations, PPI AG permet aux institutions financières et aux compagnies d’assurance d’exploiter des chaînes entières de création de valeur en tant que Software-as-a-Service. Le portefeuille modulaire s’étend depuis la mise à disposition et de l’exploitation de l’infrastructure informatique jusqu’à de multiples services et il enthousiasme non seulement en raison de son caractère international, de sa complexité technique, mais aussi et surtout au niveau de la conformité et de la légalité.

Ces succès illustrent bien ce qui nous unit : la passion pour l’excellence en matière de logiciels et de conseils de paiement. Nous sommes très heureux d’avoir concrétisé cette aspiration avec le groupe d’utilisateurs 2022. Comme nous l’avons tous appris, l’échange d’expériences et de solutions aux problèmes lors de réunions et d’appels numériques a été une évidence. Mais c’est justement l’inspiration mutuelle et collective dont bénéficie depuis toujours le développement des produits TRAVIC, marquée par des échanges vivants, animés et en face à face, qui nous a manqué. Nous étions donc d’autant plus heureux de pouvoir renouer solennellement avec ces étroites collaborations et d’honorer pendant deux jours la clientèle estimée de PPI avec un programme bien rempli et varié : depuis la présentation des nouvelles versions des produits TRAVIC aux discussions approfondies avec les clients dans le cadre des ateliers spécifiques aux produits, en passant par les cas d’utilisation et les derniers témoignages d’expérience.

Auteur : Andreas Löwe

 

Vérification des certificats EBICS en France sans prestataires tiers de confiance

Certificat électronique et applications
Le certificat électronique est un élément essentiel dans la construction des espaces de confiance ; il permet à son porteur de s’authentifier (certificat d’authentification), de signer (certificat de signature), d’établir une liaison sécurisée … Une application va s’appuyer sur un certificat comme moyen d’identification de son porteur et de contrôle de l’intégrité des informations, dans des fonctions de contrôle d’accès ou de signature. Il existe aujourd'hui de nombreux émetteurs de certificats (secteur bancaire, administration, entreprises…).

Les applications de dématérialisation des flux sont multiples et concernent l’ensemble des secteurs de l’économie. Elles supposent la mise en œuvre d’espaces de confiance dans lesquels il faut pouvoir identifier et authentifier techniquement les différents acteurs et valider la qualité des transactions et de leurs émetteurs.
 
Une application doit pouvoir accepter, en général, des certificats de différentes autorités de certification ; dans un monde ouvert, il serait, en effet, à la fois trop coûteux et trop restrictif de demander à un même porteur d’obtenir un certificat par application.

EBICS et les certificats signés
Pour communiquer avec les institutions financières, les participants EBICS disposant du profile T ou TS doivent utiliser des certificats X.509. Si le participant utilise des certificats signés par une autorité de certification (AC), ceux-ci doivent être validés lors du téléchargement des clés et, si nécessaire, pour les ordres de type FUL, par exemple. Les types d’ordre pour la soumission et la modification des certificats (INI, HIA, H3K, PUB, HCA et HCS) prennent en charge les certificats uniques et les chaînes de certificats.

Validation du certificat basé sur l'AC
La validation du certificat basé sur l'AC peut être effectuée de manière externe ou interne (pour EBICS TS). Il est dorénavant possible de vérifier les certificats soumis en interne dans TRAVIC-Corporate. Pour cela, les notes de la liste de révocation sont vérifiées à l'aide des listes de révocation de certificats (CRL). Les listes de révocation de certificats doivent être téléchargées depuis Internet. Pour télécharger les listes de révocation de certificats de SWIFT, un certificat client est généralement requis pour la communication TLS.

Interface de vérification des certificats internes de TRAVIC-Corporate pour EBICS TS
L'interface provider de TRAVIC-Corporate offre, entre autres paramètres, la vérification des certificats, une stratégie de mise en cache, le stockage des fichiers de non-répudiation et la vérification préliminaire des autorisations ES (EBICS TS), conformément aux spécifications du CFONB. Le provider peut être spécifié à partir du nom de sa classe et activé.

Les certificats sont validés par rapport à un truststore stocké dans TRAVIC-Corporate. La chaîne de certificats complète est validée respectivement jusqu'au certificat racine valide. Aucun service externe n'est utilisé pour valider les certificats.

Un serveur job et un analyseur syntaxique, composants de TRAVIC-Corporate, orchestrent ce traitement. L’ordre de paiement est alors validé si le profil de signature du participant EBICS correspond au profil de signature configuré au niveau du type d’ordre du client.

L’établissement financier peut alors se reposer exclusivement sur sa solution TRAVIC-Corporate sans recours à un tiers simplifiant ainsi son architecture et réduisant ses coûts.

Zaher Mahfouz

Sources : PPI TRAVIC-Corporate, CFONB, standards X.509

Migration ISO dans les paiements internationaux – un appel au réveil

Dans le monde entier, les systèmes de paiement passent à la norme ISO 20022 UNIFI (universal financial industry message scheme). Dans la zone euro, ce processus a commencé avec l’introduction de SEPA en 2007. En novembre prochain, la transition sera également effective pour les paiements individuels et internationaux. Le monde financier compte beaucoup sur cette transition. Dans une enquête menée par msgGillardon et Unifits, 99 % des experts interrogés considèrent la migration ISO comme très ou plutôt positive. En effet, la nouvelle norme offre de nombreux avantages, une fois qu’elle sera prise en charge de manière aussi généralisée que possible.

Le sujet n’est donc pas nouveau et pourtant le chemin est difficile et l’introduction a dû être reportée à plusieurs reprises. Sur ce point, l’Eurosystème de la Banque centrale européenne mise sur une approche de big bang, tandis que SWIFT prévoit une phase de coexistence de trois ans des formats MT et MX pour les transactions financières mondiales via le réseau SWIFT. Bien que la migration big bang semble être le projet le plus difficile, étant donné que toutes les banques européennes dotées d'une connexion TARGET2 ou EBA Euro1 doivent effectuer la conversion en même temps et sans aucune tolérance temporelle, la phase de coexistence de MT et MX a également ses pièges.

La migration TARGET MX est tout d’abord bien plus qu’un simple changement de format. L’accès technique à ESMIG (Eurosystem Single Market Infrastructure Gateway) sera migré en même temps. Un processus de rappel basé sur les normes ISO ainsi qu’une gestion centralisée des liquidités (CLM) avec de nouveaux comptes de liquidités (MCA/DCA) seront introduits. La BCE a imposé aux institutions financières une période de test d’environ un an et surveille en permanence la migration vers le nouveau système – pour un nombre non négligeable d’institutions financières, les propres projets TGT MX sont en jaune ou en rouge. Le fonctionnement sécurisé des paiements de gros montants en Europe semble être menacé dans certaines institutions.
 
Ce rappel à l’ordre concerne toutefois la migration des paiements internationaux. L’initiative SWIFT CBPR+ (Cross Border Payments and Reporting Plus) tente de permettre une transition progressive grâce à une période de transition de 3 ans. Chaque institution financière doit pouvoir atteindre l’objectif de la migration ISO à son propre rythme. Par conséquent, de nombreuses conversions sont effectuées au lieu de traiter les données ISO de bout en bout. Certaines institutions financières continuent d’envoyer et de recevoir des messages MT pour les paiements, d’autres utilisent déjà les formats ISO. En outre, la migration par type de message est de toute façon échelonnée dans le temps.

En y regardant de plus près, on constate que la période de transition laisse présager d’énormes problèmes, tant pour les institutions financières qui n’ont pas encore migré vers ISO que pour celles qui sont en fait prêtes pour ISO.

Les institutions financières qui ne peuvent traiter que des formats MT risquent de voir leurs processus ralentis par les conversions et doivent investir, par exemple, dans des solutions transitoires pour des raisons de conformité, car certains processus nécessitent tout de même de récupérer les formats ISO originaux et de les vérifier. Le plus grand problème : le risque de perte de données, comme celle des adresses...
D’autres problèmes se présentent à tous les participants SWIFT : la période de transition MT/MX entraîne une multitude de nouveaux scénarios et cas d’utilisation en raison des formats possibles dans les messages d’une transaction – avis dans MT, couverture dans MX, demande de frais dans MT, rappel dans MX, etc. La surveillance des transactions est rendue plus difficile, les différentes mises en correspondance dans les institutions financières participantes peuvent conduire à des interprétations erronées.

Je voudrais présenter brièvement un scénario particulièrement problématique : un paiement ordonné au format ISO est exécuté via une longue chaîne de banques de correspondance, dont l’une ne peut envoyer que le format MT. Le correspondant MT reçoit le paiement ISO converti et est obligé de récupérer le format ISO original, mais il ne peut pas transmettre les données coupées au format MT. Le SWIFT Transaction Monitor ne contient pas encore de Golden Copy du paiement original et la banque du bénéficiaire ne peut donc pas lire ou consulter les données perdues, ni dans le message MT, ni dans SWIFT. Dans ce scénario, les informations ne sont donc pas transportées intégralement du donneur d’ordre au bénéficiaire, même si tant l’institution financière du donneur d’ordre que celle du bénéficiaire savent déjà utiliser les formats ISO.

Ma recommandation est donc, malgré le manque aigu de personnel qualifié, d’utiliser le temps qui reste et de tester la migration des paiements internationaux dans tous ses nombreux scénarios (qui sont vraiment nouveaux sous cette forme). Dans l'idéal, vous testez ensemble, notamment avec vos correspondants et vérifiez si la mise en correspondance des affectations MT convenues bilatéralement est encore compatible dans le monde ISO.

Toutes les institutions financières agissant en tant que banques de transaction devraient pouvoir traiter rapidement et sans conversion les données ISO de bout en bout.

Sinon, les transactions financières risquent d’être mises à l’épreuve pendant trois ans.

Thomas Riedel


«Adresses structurée» – ou : la stratégie de l’autruche ne sert à rien

Le temps presse, le prochain grand défi informatique pour les formats ISO20022 approche. Comme c’est souvent le cas, les premières règles sont déjà renforcées : à partir de novembre 2022, les paiements ISO20022 remis par le client avec des contenus d’adresse non structurés au niveau de Ultimate Creditor et Ultimate Debtor seront refusés par les institutions financières.

Pourquoi particulièrement ces deux spécifications ? C’est très simple – les champs qui sont les moins souvent complétés lors des paiements de masse sont utilisés pour les tests. Ainsi peu de transactions seront concernées – ce qui permet d’aborder le sujet à partir d’une petite envergure maîtrisée.

« Pas du tout » ne va pas du tout
Pour les applications et leurs développeurs, l’approche à petite échelle n’est toutefois pas une bonne pratique. De nombreux arguments plaident en faveur de tout ou rien – mais « rien » n’est pas une option envisageable. Si les adresses structurées viennent à être utilisées, il faut qu’elles le soient partout, y compris pour le créancier, le débiteur et les autres détails d’adresse.

Une pensée sans vision
Si vous pensez maintenant : « Ah, c’est la Suisse, cela ne me concerne pas ici en Allemagne ou en Autriche », vous vous trompez fortement. Même dans les futurs paiements SWIFT, seules les adresses structurées seront utilisées à partir de 2025 !
Et ceux qui pensent que l’interface client ne sera pas affectée, c’est-à-dire la livraison correcte des adresses structurées par les nombreux systèmes clients, oublient qu’il n’existe à ce jour aucun système capable de décomposer correctement n’importe quelle adresse fournie de manière non structurée et de la traiter ensuite comme une adresse structurée. La multiplicité des données d’adresses internationales rend cela impossible.

Le traitement manuel est nécessaire
Nous devons donc tous nous y mettre, fabricants de produits clients comme institutions financières elles-mêmes. Les adresses structurées doivent être saisies et transportées partout via les formats concernés, jusqu’à ce qu’elles se retrouvent un jour dans le réseau SWIFT. Les saisies doivent être modifiées, les structures des bases de données adaptées et les données de contenu doivent se retrouver à un nouvel endroit dans le format ISO20022 correspondant. Comme déjà évoqué, étant donné qu’une migration/conversion automatique et sans erreur des données d’adresses non structurées actuelles vers des données d’adresses structurées n’est pas possible, nous devons demander à nos clients et aux collaborateurs de l’institution financière de procéder à un contrôle manuel des données d’adresses converties – ce qui en fait un projet plus long. Pour l’Allemagne, cela a déjà été défini pour le nouveau paiement international ISO au format ISO20022 pain.001.00.09, sera effectif à partir de 2025.

Les délais sont relatifs
Ceux qui estiment encore que cette migration surviendra miraculeusement d’une manière ou d’une autre se trompent : le temps presse ! Trois ans sont un délai très court pour le développement de logiciels et la tâche à réaliser est très vaste. La stratégie de l’autruche peut sembler confortable mais elle conduit à la perte de vue à court terme. Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt et qui ont le budget et les ordres en vue depuis longtemps.


Auteur : Michael Schunk

EBICS et notifications en temps réel - un bilan de la situation

Cela fait maintenant plus de deux ans que la spécification « Notifications en temps réel » a été publiée sur le site web www.ebics.de. J’avais déjà abordé ce sujet dans un article de ce blog publié en octobre 2019. Cependant, que s’est-il passé depuis ? Comment l’application a-t-elle évolué dans la pratique ?
 
 En fait, la nouvelle interface pour les notifications en temps réel a été implémentée par quelques institutions en Allemagne dans leur serveur bancaire EBICS et est désormais utilisée en mode productif par celles-ci. Il est évident que les nouvelles fonctionnalités qui en découlent ne sont utiles que s’il existe des clients EBICS utilisant cette interface. L’interface a également été implémentée sous certaines conditions, côté client dans les portails des entreprises clientes gérées par les institutions financières.

Nous nous rappelons. La valeur ajoutée de cette nouvelle interface réside dans la réponse potentiellement plus rapide aux paiements instantanés SEPA dans le canal EBICS ainsi que dans l’économie des « demandes de téléchargement vaines » pour les données de téléchargement. Où en sommes-nous sur ce point ?

Oui, certaines institutions financières en Allemagne ont mis en œuvre le concept. Toutefois, toutes les institutions financières ne sont pas en mesure de proposer ce nouveau service. Il est possible que du côté de la banque, cela ne soit pas ou pas encore la priorité pour la communication EBICS. Outre la nouvelle interface pour la notification en temps réel en direction du client, la mise à disposition rapide des données de téléchargement dans le serveur bancaire est une des conditions préalables pour offrir une valeur ajoutée aux clients dans le cadre de la communication EBICS. Cette mise à disposition continue et rapide à partir du système back end pour le canal EBICS doit être disponible auprès des institutions financières.

Du côté des clients, la notification push est particulièrement intéressante pour les entreprises clientes pour lesquelles l’actualité et la similitude avec le temps réel sont de plus en plus pertinentes. Ces clients EBICS ont en partie déjà implémenté la notification en temps réel côté client. D’autres qui utilisent par exemple un portail d’entreprises clientes approprié de l’institution financière peuvent éventuellement profiter de ce nouveau service sans intervention de leur part. Néanmoins, tous les clients EBICS ne disposent pas de la nouvelle interface WebSocket pour la notification en temps réel.

En résumé, la fonction de notification en temps réel n’est pas encore largement répandue parmi les clients EBICS. Jusqu’à présent, ce sont surtout les entreprises clientes spécialisées et les clients institutionnels EBICS qui comptent sur les notifications en temps réel dans le canal EBICS. Pour eux, le temps réel dans les processus de paiement représente une valeur ajoutée particulière pour laquelle certains investissements sont rentables. Les institutions financières de ces clients offrent le service adéquat.

En général, nous constatons que le sujet du temps réel dans les transactions financières possède encore un potentiel de croissance. On peut donc s’attendre à ce que le thème de la notification en temps réel en relation avec EBICS gagne encore en importance. Restons donc connectés !

Auteur : Michael Lembcke



L’Euro numérique en tant que base d’innovation pour l’économie

L’Euro numérique en tant que base d’innovation pour l’économie
La numérisation de l’économie et de la société se poursuit à un rythme accéléré. L’IoT (Internet of Things et en français Internet des objets) en particulier promet des modèles commerciaux révolutionnaires dans lesquels l’industrie européenne peut se positionner en tant que leader mondial. Dans ce contexte, le terme IoT désigne l’interaction croissante des machines et des appareils. Les appareils sont dotés d’une identité numérique leur permettant de communiquer mutuellement et d’exécuter des processus de manière autonome sans intervention humaine. Cette tendance deviendra de plus en plus importante à l’avenir.

Pour profiter pleinement du potentiel de la numérisation de l’industrie, l’ensemble du processus, y compris les transactions financières, doit être optimisé et adapté aux paiements IoT de sorte que les paiements liés à ces nouveaux modèles commerciaux puissent également être traités de manière efficace, automatisée et en temps réel.

Dans le contexte de l’IoT, le système de paiement actuel présente toutefois encore les inefficacités suivantes :

  1. Mise en œuvre limitée des modèles commerciaux basés sur l’IoT
    Les paiements à l’utilisation (pay per use) et les paiements de machine à machine nécessitent une intervention humaine.
  2. Pas de normalisation de bout en bout
    Pour un traitement automatisé de bout en bout, il manque encore des normes appropriées.
  3. Manque d’automatisation lors de l’intégration
    La mise en place de machines autonomes requiert une intégration automatisée.
  4. Coûts de transaction élevés
    Ce sont surtout les transactions transfrontalières et les paiements de faible montant qui entraînent des coûts élevés.
  5. Mécanismes de règlement lents
    Les paiements instantanés permettent d’effectuer des paiements en temps réel, mais leur propagation est limitée.
  6. Absence de processus KYO (Know Your Object)
    Des processus de conformité appropriés pour reconnaître et vérifier les identités des machines doivent encore être mis en place.

Pour minimiser ces insuffisances de processus et les limites du système de paiement, la mise en place d’un système monétaire innovant serait très avantageuse. Par conséquent, au cours de la phase d'analyse de deux ans de l’euro numérique, la Banque centrale européenne (BCE) devrait non seulement prendre en compte l’impact sur les consommateurs, mais également développer des solutions pour la transformation numérique des processus économiques en cours. Étant donné que les résultats de la phase d’analyse pour l’économie ne sont pas encore connus, le secteur privé a déjà commencé à numériser l’euro, ce qui permet d’introduire des technologies (de transition) dans les processus économiques.

Chez PPI, nous suivons ce sujet avec beaucoup d’enthousiasme et considérons que la capacité d’innovation du système de paiement est indispensable pour l’économie. Afin de vous tenir au courant des derniers développements, nous vous informerons au cours de cette année régulièrement des nouveautés sur l’euro numérique au moyen de ce blog.

Auteur : Philipp Schröder